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Placement syndical dans l’industrie de la construction - Maltais entend réussir là où les libéraux s’étaient cassé les dents

13 octobre 2012 | Robert Dutrisac | Québec
En vertu de la loi 33 qui met fin au placement syndical, le gouvernement doit adopter d’ici le 2 décembre un règlement pour définir les modalités de fonctionnement du nouveau service de « référence » de la main-d’œuvre administré par la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir En vertu de la loi 33 qui met fin au placement syndical, le gouvernement doit adopter d’ici le 2 décembre un règlement pour définir les modalités de fonctionnement du nouveau service de « référence » de la main-d’œuvre administré par la Commission de la construction du Québec (CCQ).
La ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, entend abolir le placement syndical de la main-d’oeuvre dans l’industrie de la construction avec l’accord des deux plus importants syndicats du secteur, la FTQ Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), un défi que n’avait pu relever le gouvernement libéral.

En vertu de la loi 33 qui met fin au placement syndical, le gouvernement doit adopter d’ici le 2 décembre un règlement, qu’une commission parlementaire doit étudier préalablement, pour définir les modalités de fonctionnement du nouveau service de « référence » de la main-d’oeuvre administré par la Commission de la construction du Québec (CCQ). « J’ai l’intention de présenter et de faire adopter un projet de règlement. Il faut qu’il soit adopté : je n’ai pas le choix, c’est dans la loi », a livré la ministre au Devoir. Elle a rappelé que ce projet de loi, présenté par la ministre libérale du Travail, Lise Thériault, avait été adopté à l’unanimité. C’était en décembre 2011.


Pour élaborer le règlement, il est essentiel d’avoir l’assentiment de la FTQ Construction et du Conseil provincial, qui représentent plus de 70 % des 150 000 travailleurs syndiqués de la construction. « La loi actuellement, il n’y avait pas moyen de l’appliquer : ils [la FTQ Construction et le Conseil provincial] ne voulaient pas. Alors, il faut que je les amène autour de la table. Il faut qu’on arrive à un règlement qui fait que ça fonctionne. Moi, ça va marcher, a-t-elle donné l’assurance. Quand je dis qu’il faut que ça fonctionne, c’est qu’il faut qu’ils acceptent. »


« Si, comme c’était le cas sous le gouvernement libéral, 70 % des travailleurs sont en furie et ne veulent pas jouer le jeu, bien, nos chantiers sont vides, il n’y a rien qui fonctionne », a fait valoir la ministre. La FTQ Construction et le Conseil provincial ont refusé de participer à un comité de travail formé par le gouvernement précédent pour définir les modalités de fonctionnement du nouveau service de « référence ». Seuls les représentants patronaux et les trois plus petits syndicats de l’industrie, la CSN Construction, la CSD Construction et le Syndicat québécois de la construction (SQC), s’étaient réunis avec le sous-ministre adjoint Normand Pelletier. Or ils n’étaient pas parvenus à faire consensus sur des aspects importants du nouveau service.

 

Les rencontres ont commencé


La ministre a déjà commencé à rencontrer les acteurs de l’industrie, tant les associations patronales que les syndicats. Ces rencontres se poursuivront la semaine prochaine.


Quand bien même le règlement est adopté d’ici le 2 décembre, le service de « référence » de la CCQ ne pourra être mis sur pied à cette date, comme l’écrivait Le Devoir dans son édition de vendredi, et ce, même si c’est une exigence de la loi 33. « À l’impossible, nul n’est tenu », a dit Agnès Maltais.


À la CSN Construction, on est bien conscient que la participation des deux grands syndicats est essentielle. « Mais l’esprit et la lettre de la loi doivent être respectés », a prévenu le président de ce syndicat, Aldo Miguel Paolinelli. Les directeurs généraux de la FTQ Construction et du Conseil provincial, Yves Ouellet et Donald Fortin, n’ont pas rappelé Le Devoir vendredi.


Par ailleurs, l’adjoint parlementaire d’Agnès Maltais et nouveau député de Rouyn-Noranda -Témiscamingue, Gilles Chapadeau, cet ancien conseiller régional de la FTQ qui avait vertement dénoncé l’abolition du placement syndical, s’est rallié à la position du parti, a indiqué la ministre. « Oui, il s’est laissé aller un peu, a-t-elle dit. Mais il a bien dit durant la campagne électorale qu’il allait suivre le PQ et qu’il serait solidaire. Et il l’est. » Gilles Chapadeau accompagne la ministre lors de ses rencontres avec les acteurs de l’industrie.

 
 
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