«Gilles Vaillancourt agit comme le propriétaire de Laval», accuse l’opposition
L’UPAC effectue six nouvelles perquisitions dans des entreprises en construction
« Laval est une victime et ce sont tous les Lavallois qui écopent », a déclaré jeudi au Devoir le président du Mouvement lavallois, David De Cotis. « Gilles Vaillancourt agit comme le propriétaire de Laval », s’est désolé M. De Cotis.
Contrairement à son adversaire du Parti au service du citoyen (PSC), Robert Bordeleau, M. De Cotis ne réclame pas la démission du maire ni de l’homme d’affaires Benoît Fradet (Shockbéton) qui siège au comité exécutif. « Il faut agir de façon responsable. À cette étape-ci, ce sont des allégations, mais Gilles Vaillancourt a le devoir d’être transparent », a souligné M. De Cotis.
De son côté, M. Bordeleau s’est réjoui de la nouvelle frappe de l’escouade Marteau à Laval. « Ça fait sept ans au PSC qu’on attend qu’il se passe quelque chose. Pour ce qui est de Laval, sa réputation est déjà entachée puisque les citoyens sont les otages de la caisse électorale du maire », a soutenu M. Bordeleau.
Les commentaires des deux politiciens font suite aux perquisitions effectuées dans six entreprises de construction. Tôt jeudi matin, l’escouade Marteau a procédé à une vaste opération, la troisième en une semaine, concernant un dossier de corruption liant la Ville de Laval, son maire, et des entrepreneurs, dont le controversé Tony Accurso.
Comme l’a confirmé Anne-Frédérick Laurence, porte-parole de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de qui relève Marteau, plus de 70 policiers et enquêteurs ont perquisitionné afin de mettre la main sur « des éléments pour faire évoluer l’enquête ». Des témoins ont été rencontrés, mais aucune arrestation n’était prévue, a-t-elle précisé. Le Bureau de la concurrence du Canada a participé à l’opération, indiquant par là de possibles soupçons de collusion.
Parmi les entreprises visées, on retrouve Louisbourg Construction, appartenant à l’empire de Tony Accurso. L’entreprise de l’homme d’affaires a été reconnue coupable de fraude fiscale à l’endroit du gouvernement du Canada il y a deux ans. De plus, M. Accurso a été arrêté et accusé dans le dossier de la Ville de Mascouche, où un système de corruption aurait été mis en place. D’autres perquisitions visant certaines de ses entreprises ont également été effectuées la semaine dernière par l’Agence du revenu du Québec sans pour autant que ce soit sous l’égide de l’UPAC.
Relations étroites
Outre Louisbourg, les entreprises perquisitionnées sont J. Dufresne asphalte, Valmont Nadon, Nepcon, Mergad et Poly-Excavation. Cette dernière entreprise est dirigée par Marc Lefrançois, dont le père est un ancien partenaire d’affaires du maire Vaillancourt dans un projet immobilier. Le dirigeant de l’entreprise Valmont Nadon est un contributeur du parti du maire Vaillancourt, le PRO des Lavallois. Depuis octobre 2011, l’entreprise fait l’objet d’une enquête de l’Agence du revenu du Québec. Valmont Nadon est soupçonné d’avoir produit de fausses factures, ainsi que de copinage avec l’administration Vaillancourt.
La semaine dernière, l’escouade Marteau a procédé à deux importantes perquisitions, notamment à l’hôtel de ville, ainsi que dans les deux résidences du maire Vaillancourt. Les policiers recherchaient des documents sous forme papier ou informatique et tout autre indice.
Gilles Vaillancourt s’est alors dit étonné par les événements. Il a également affirmé son intention de rester en poste.
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Un pot-de-vin de 25 000 $?
L’ex-entrepreneur Lino Zambito aurait affirmé avoir versé un pot-de-vin de 25 000 $ à un proche du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, lors de la réalisation d’un contrat dans cette ville, a rapporté Radio-Canada, jeudi, en se basant sur une conversation enregistrée plusieurs semaines avant le début des travaux de la commission Charbonneau sur la corruption.
La Ville de Laval a aussitôt répliqué en exigeant une rétractation de la part de Radio-Canada. Dans un communiqué transmis aux médias en début de soirée, l’attachée de presse du cabinet du maire, Johanne Bournival, a indiqué que le maire Gilles Vaillancourt niait toutes les allégations de Lino Zambito. Elle a ajouté que ces allégations sont fausses et ne cherchaient qu’à nuire au maire. Le cabinet du maire s’insurge sur la façon de procéder de Radio-Canada qui diffuse, selon lui, des affirmations d’une personne qui avoue elle-même avoir menti, extorqué, comploté et trahi la société et qu’elle colporte dans le seul but de nuire à la réputation d’autrui.
Dans l’enregistrement utilisé par Radio-Canada, Lino Zambito a expliqué comment les appels d’offres étaient truqués et que le pot-de-vin versé lui avait permis de se faire payer des « extras » par la Ville de Laval. L’homme d’affaires affirme ne jamais avoir fait partie du club d’entrepreneurs en construction qui, selon lui, se partagent les contrats à Laval depuis des années. Mais en 2003, son entreprise, Infrabec, obtient un contrat de près de 2 millions pour le prolongement du boulevard Cléroux à Laval. M. Zambito dit qu’il a obtenu ce contrat grâce à l’intervention personnelle du maire Vaillancourt.
La Presse canadienne








