Sommet de la Francophonie - Abdou Diouf vante l’engagement du Québec
À l’OIF, on tient pour acquis que le retour des souverainistes au pouvoir ne modifiera pas les équilibres au sein de la famille francophone, où le Québec parle de sa propre voix. « Il y a une constance [québécoise] par rapport à la Francophonie. Je dis toujours que si tout le monde était aussi engagé que le Québec, la Francophonie se porterait beaucoup mieux », a déclaré M. Diouf en entrevue à La Presse canadienne.
L’ancien président du Sénégal, qui avait accueilli le troisième Sommet en 1989 à Dakar, a côtoyé plusieurs premiers ministres québécois dans sa longue carrière. Mais comme Bernard Landry a quitté le pouvoir en 2003 quelques mois seulement après sa nomination à titre de secrétaire général, c’est essentiellement avec Jean Charest qu’il a travaillé, à la faveur d’un « compagnonnage extraordinaire ».
De la même manière, Abdou Diouf s’attend à entretenir de « très bons rapports » avec Mme Marois, qui a « toujours fait preuve de beaucoup d’engagement en faveur de la Francophonie ». Ils se sont d’ailleurs vus en juillet dernier à Montréal, deux mois avant les élections.
La première ministre entreprendra sa visite à Kinshasa mercredi, pour une série de rencontres préparatoires de différentes instances francophones. Pendant le sommet, en fin de semaine, elle doit notamment faire une intervention sur la défense du français.
À Kinshasa, en effet, les pays membres de l’OIF adopteront pour la première fois une politique de promotion et de défense de la langue française dans le monde. Étrangement, ils ne s’étaient jamais entendus sur la nécessité de le faire, même si cela semble couler de source. Le débat est désormais tranché.
« La seule plus-value incontestable de la Francophonie, c’est la langue française, dit Abdou Diouf en citant Léopold Senghor, père de la Francophonie. Il ne faut surtout pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Nous avons une langue en partage, mais si on la laisse mourir à petit feu, à la fin, nous ne serons plus unis par rien. Quelle sera alors notre légitimité ? »
Un sommet compliqué
Les discussions des chefs d’État et de gouvernement francophones risquent toutefois d’être occultées par la situation intérieure en RDC (voir autre texte). Ce sommet a été « très complexe » à organiser, reconnaît Abdou Diouf, qui n’ignore pas que « les différents observateurs ont porté un jugement négatif » sur le déroulement des élections.
Le secrétaire général défend cependant la décision de maintenir la rencontre des dirigeants francophones.
« Ce n’est pas comme si on rendait une visite officielle d’État au président de la RDC. C’est une réunion institutionnelle de la Francophonie qui se tient dans un de ses pays membres. Ce qui est le plus important, c’est la substance du sommet. De voir également comment il permettra d’améliorer la situation de la gouvernance, de l’État de droit et des droits de l’homme en RDC », conclut le numéro un de la Francophonie.








