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Lisée sent un «intérêt» de la part des anglophones

Sa mission n’est pas aisée, reconnaît toutefois le nouveau ministre

5 octobre 2012 | Guillaume Bourgault-Côté | Québec
Le ministre responsable du dossier des relations avec les anglophones, Jean-François Lisée, affirme « faire le maximum pour créer un nouveau dialogue ».
Photo : La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Le ministre responsable du dossier des relations avec les anglophones, Jean-François Lisée, affirme « faire le maximum pour créer un nouveau dialogue ».
La mission confiée par Pauline Marois à Jean-François Lisée d’aller rassurer la communauté anglophone n’est pas aisée, reconnaît le principal intéressé. Mais M. Lisée estime qu’il « n’est pas possible de ne pas essayer » de calmer les craintes. Et il affirme que la réception, so far, est bonne.

En entretien avec Le Devoir jeudi, le ministre des Relations internationales — et responsable de la Métropole et du dossier des relations avec les anglophones — a soutenu « faire le maximum pour créer un nouveau dialogue ». « On va être jugés sur les résultats, dit-il. Mais essayer de changer le ton de la discussion, poser des gestes d’ouverture et de présence, aller rencontrer les intervenants chez eux, ç’a été apprécié. »


M. Lisée a rencontré dans les derniers jours plusieurs acteurs importants de la communauté anglophone : les commissions scolaires (Le Devoir faisait état mardi d’une rencontre satisfaisante entre les deux), des maires, le Quebec Community Groups Network, etc. L’idée est de rassurer les Anglos par rapport à certains engagements péquistes : la nouvelle loi 101, l’accès aux cégeps anglophones, le projet de citoyenneté qui imposera aux nouveaux arrivants une bonne connaissance du français.


Un programme qui n’est pas facile à vendre, dit Jean-François Lisée. Mais le ministre a senti une ouverture durant des rencontres qu’il qualifie de « cordiales ». « J’essaie de dédramatiser. La communauté anglophone n’est pas la cible : nous voulons convaincre les allophones d’aller vers le français. Je ne sais pas si cette entreprise pédagogique a été tentée dans le passé, je ne sais pas si c’est possible d’avoir un succès avec ça, mais pour l’instant on a des signes d’intérêt. »


M. Lisée dit que le gouvernement Marois veut « que la majorité francophone soit dans un état de sécurité linguistique, mais que la communauté anglophone et les Premières Nations le soient aussi ». Il rappelle que la politique linguistique québécoise a été créée en disant que « le français sera la langue officielle et commune des Québécois, virgule, dans le respect de la minorité anglophone ».


« Comme s’il y avait une règle générale et une exception, s’étonne-t-il. Il n’est pas question pour les Québécois francophones d’assimiler la minorité anglophone : il y aurait donc une façon de dire les choses autrement pour nous permettre d’aborder l’avenir autrement. » D’où l’idée de « sécurité linguistique », qui amène selon lui une relation gagnant-gagnant-gagnant.


« Je suis peut-être naïf, mais j’ai l’impression qu’en posant le problème en ces termes, cela permet de ne plus voir le progrès du français comme nécessairement menaçant pour l’anglais, et la bonne santé de la communauté anglophone comme nécessairement dangereuse pour la majorité francophone. »


Jean-François Lisée dit que le problème que tente de régler le PQ avec son offensive linguistique est celui de la « mise en minorité des francophones sur l’île de Montréal. Il faut pour cela favoriser une meilleure rétention des familles sur l’île de Montréal », une sélection des immigrants qui avantage les francophiles et différentes mesures pour inciter les allophones à adopter le français comme langue d’usage.


Montréal a mal aux dents…


Cela dit, le ministre responsable de la Métropole a soutenu jeudi que toutes les révélations des derniers jours à la commission Charbonneau sont « un mauvais moment à passer » pour l’image de Montréal, mais que cela sera bénéfique à terme.


« On avait une rage de dent épouvantable, et maintenant on est chez le dentiste, illustre-t-il. C’était le temps qu’on y aille parce qu’il faut extraire la dent malade pour sauver le reste de la dentition. Ça aura le même effet que pour la commission Cliche [1974-1975], qui a d’abord fait mal au Québec avant de rétablir son image. »

 
 
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