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    Un nouveau candidat officiel à la chefferie du PLQ - Couillard défend son intégrité

    L’ancien ministre ne reconnaît aucune faute lors de son départ

    Philippe Couillard a lancé sa campagne en présence de plusieurs députés et ex-députés du Parti libéral.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Philippe Couillard a lancé sa campagne en présence de plusieurs députés et ex-députés du Parti libéral.

    Philippe Couillard a célébré mercredi son retour officiel en politique en défendant le contexte de son départ du gouvernement en 2008. Mais le candidat au leadership du Parti libéral du Québec (PLQ) maintient n’avoir rien commis de répréhensible et ne reconnaît qu’une seule faute : il aurait dû s’expliquer plus tôt, dit-il.


    L’ancien ministre de la Santé a soutenu lors de son lancement de campagne que « l’intégrité n’est pas négociable » pour lui. « Jamais je ne me présenterais devant les militants et les Québécois si je n’avais pas la totale conviction que mon intégrité est intacte et que je n’ai jamais été placé dans une situation de conflit » d’intérêts, a affirmé M. Couillard.


    Sa défense tient en deux éléments : il soutient qu’il n’y avait aucun conflit d’intérêts possible dans le fait de négocier un emploi au sein du fonds d’investissement Persistence Capital Partners (PCP) alors qu’il était ministre et rappelle avoir suivi les règles d’éthique alors en vigueur - elles ont été modifiées depuis.


    PCP « n’a jamais eu et n’a toujours aucune relation d’affaires avec le gouvernement », a dit M. Couillard. Il estime par ailleurs que « ce fonds est non seulement légitime, mais aussi nécessaire parce qu’il agit dans des endroits où l’État n’investit pas. Le but d’un fonds semblable n’est pas d’affaiblir le système de santé », mais de soutenir les activités qui sont à l’extérieur du domaine d’intervention du public en santé.


    Quand il a quitté la vie politique en juin 2008, M. Couillard avait déjà signé depuis un mois un « protocole d’entente » confirmant son passage futur chez PCP. Ses « conditions de rémunération et autres conditions matérielles » étaient notamment établies dans ce document, selon le rapport de l’enquête que le Commissaire au lobbyisme du Québec a mené sur le passage de M. Couillard au privé (daté du 12 mars 2009). M. Couillard a rencontré les patrons de PCP à quatre reprises alors qu’il était toujours en fonction.


    Trouverait-il encore acceptable qu’un ministre négocie ainsi avec une entreprise oeuvrant dans son champ d’intervention ? « J’ai souvent réfléchi [à cela], et si ça n’avait pas été un domaine dans lequel il n’y a aucun conflit d’intérêts, je n’aurais certainement pas agi de cette façon », a-t-il dit. M. Couillard a ajouté qu’il n’avait « aucun lien contractuel fixe » au moment de son départ (le protocole d’entente n’était donc pas pour lui un engagement officiel). « Je pouvais accepter n’importe quelle offre. »


    Philippe Couillard a souligné que « les démarches de recherche d’emploi sont permises et encadrées dans le code de déontologie de l’Assemblée nationale. La différence entre 2008 et aujourd’hui, c’est que j’ai consulté [en 2008] le conseil exécutif à plusieurs reprises, alors qu’on a maintenant ajouté un commissaire à l’éthique [en 2010]. Cet ajout était nécessaire, c’est une bonne chose d’avoir une personne indépendante qu’on peut consulter en toute confiance - parce qu’on se sent bien seul dans ces moments. »


    Ainsi M. Couillard referait-il les choses passablement de la même manière aujourd’hui qu’il y a quatre ans. « S’il y a une chose que j’aurais faite différemment, je crois, ç’aurait été de donner les explications au moment de mon départ », de manière à contrecarrer la perception que son passage au privé s’était fait de manière plus ou moins légale.


    En août 2008, le Parti québécois avait déposé une demande d’enquête auprès du commissaire au lobbyisme en invoquant que M. Couillard avait « posé des gestes favorisant l’expansion des cliniques privées » juste avant son passage chez PCP et au Groupe Médisys - qui appartient aux mêmes propriétaires et se présente comme un « fournisseur privé de services de santé d’envergure nationale ».


    Dans la semaine précédant son départ, Philippe Couillard avait signé deux règlements, dont l’un réduisait de moitié le coût du permis d’exploitation d’une clinique privée au Québec et l’autre augmentait le nombre d’opérations qui peuvent y être pratiquées. Selon Philippe Couillard, il s’agissait plutôt « d’encadrer le secteur privé, qui était jusque-là complètement déréglementé ». Et cela faisait partie de la réponse du gouvernement au jugement de la Cour suprême dans l’affaire Chaoulli.


    Au moment de se lancer officiellement dans la course à la succession de Jean Charest, Philippe Couillard a affirmé mercredi avoir mis fin à « toutes [ses] activités professionnelles », y compris celles au « comité aviseur du ministre saoudien de la Santé ». « Je ne pourrais me présenter à la direction d’un parti politique en étant collaborateur d’un gouvernement étranger », a-t-il expliqué.


    En ce qui concerne ses liens avec Arthur Porter, l’ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) qui est dans la ligne de mire de l’escouade Marteau, M. Couillard s’est dit « vraiment surpris et déçu ». Il a indiqué ne pas avoir vu M. Porter depuis plusieurs mois.

     

    Économie et identité


    L’ancien ministre a cité « le développement économique et la création d’emplois » comme thèmes centraux de sa campagne. Mais il entend aussi mettre en avant la « question de l’identité québécoise et de la place du Québec dans le Canada. C’est une conversation qui doit se poursuivre, mais elle doit se poursuivre entre Québécois de toutes les origines et non pas se limiter à la conversation d’un seul groupe majoritaire au Québec », a mentionné M. Couillard. Il rejette ainsi d’emblée l’idée péquiste d’une citoyenneté assujettie à la connaissance du français. « Je n’accepte pas qu’on catégorise les Québécois en bons et en moins bons Québécois. »


    Plusieurs députés et ex-députés étaient présents mercredi pour soutenir la campagne de M. Couillard. Celle-ci sera coprésidée par Sam Hamad et Kathleen Weil. Yves Bolduc, Henri-François Gautrin, Gerry Sklavounos, Michel Audet et Benoît Pelletier étaient notamment du nombre.













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