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Congrès à la chefferie du PLQ - De nouvelles règles

4 octobre 2012 | Bernard Descôteaux | Québec

Le coup d’envoi officiel ne sera donné que dans trois semaines, mais la course à la chefferie du Parti libéral du Québec est bel et bien lancée. Les trois candidats, Philippe Couillard, Raymond Bachand et Pierre Moreau, nous promettent un débat d’idées, mais d’emblée se dessine une bataille de personnalités.


L'entrée en scène hier de Philippe Couillard a engagé cette course sur cette voie. Non que l’ancien ministre de la Santé n’ait pas d’idées et de propositions à mettre en avant, mais d’entrée de jeu il correspond au candidat idéal : un homme d’une grande intelligence qui sait inspirer la confiance par une maîtrise exceptionnelle de la communication et dont l’image politique est sans tache, ou presque, ayant été absent du gouvernement Charest ces quatre dernières années.


Les Québécois lui reconnaissent toutes les qualités et le voient déjà chef de ce parti puisque, selon un sondage QMI-Léger Marketing, il devance largement ses adversaires. Jointe au contexte politique d’un gouvernement minoritaire, l’avance de Philippe Couillard pourrait donner au Parti libéral la tentation de se limiter à se choisir le plus vite possible le chef qui pourrait le ramener au pouvoir à la première occasion. La tentation pourrait être forte, le PLQ étant davantage un parti de pouvoir qu’un parti d’idées. Quoi que puissent dire les candidats sur leur volonté de mener un débat de fond sur la rénovation de leur parti, les militants et l’establishment du parti pourraient suivre leurs vieux réflexes et privilégier ce qui à première vue apparaît comme la solution gagnante.


Le danger pour les libéraux serait de s’en tenir ainsi à la surface des choses, portés par la conviction que leur parti est toujours ce grand parti qu’il a été. La quasi-victoire de leur parti le 4 septembre, avec l’élection de 50 députés, ne doit pas occulter la nécessité d’une remise en cause profonde. La réalité est que le Parti libéral a été défait. La réalité est que les électeurs francophones l’ont déserté. La réalité est que la Coalition avenir Québec lui souffle dans le dos. Les libéraux doivent prendre garde à ne pas se bercer d’illusions, comme l’a fait le mouvement souverainiste au lendemain de sa quasi-victoire au référendum de 1995 en croyant la victoire finale à portée de main.


La conjoncture politique force évidemment le Parti libéral à se donner un nouveau chef relativement rapidement, d’ici le printemps, cela suivant des règles dépassées. Idéalement, le choix du nouveau chef devrait être fait, comme cela se passe maintenant dans presque tous les grands partis, par un vote de l’ensemble des membres. Il faudrait un congrès spécial pour adopter un tel processus, mais, à défaut de pouvoir le faire, le parti devrait prévoir un espace pour que les militants de la base aient une influence directe sur le choix du chef.


Si rien n’est changé, nous assisterons l’hiver ou le printemps prochain à un congrès au leadership dès plus traditionnels. Des délégués, choisis par les associations de circonscription, seront libres de voter pour le candidat de leur choix. On assistera à ces bonnes vieilles batailles entre organisations pour « livrer » le vote des délégations des circonscription à leur candidat. Ce qui sera déterminant sera la « machine » du candidat. Pour éviter qu’il en soit ainsi, il faudrait que l’élection des délégués soit précédée de débats dans chaque association de circonscription et que les délégués soient porteurs de mandats. Le débat d’idées aurait ainsi autant d’importance que la bataille de personnalités.


Depuis 1983, date du dernier congrès à la chefferie, les militants libéraux n’ont jamais eu un mot à dire dans le choix de leur chef. L’establishment du parti décidait de tout. Ce serait un signe de volonté de renouveau que de leur donner un véritable pouvoir de décision.

 
 
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