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Rapport du Fonds de solidarité FTQ - De bons résultats, mais une ombre au tableau environnemental

1 octobre 2012 | La Presse canadienne | Québec
Plus de bénéfices, plus d’actionnaires, plus d’emplois créés : c’est un bilan fort positif, à un détail près, qu’a présenté le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) à l’Assemblée annuelle de ses actionnaires, samedi après-midi.

« Plus de diversité dans notre portefeuille », a évoqué le Fonds pour justifier sa décision d’investir dans la société Stornoway, qui chapeaute le projet diamantifère Renard, prévu sur le territoire de la Baie-James, au nord de Chibougamau.


La rentabilité du projet a récemment été mise en doute par l’organisme Nature Québec, tandis que d’autres groupes ont dénoncé l’impact qu’aura Renard sur l’environnement, car Stornoway a choisi d’utiliser, pour l’exploitation des diamants, des génératrices au diesel qui consomment des carburants fossiles.


Le problème, c’est que le Fonds de solidarité de la FTQ enrichit depuis 2010 son rapport annuel à ses actionnaires de la mention « développement durable », en plus d’organiser des assemblées carboneutres depuis six ans.


Après avoir expliqué que le Fonds croit « fermement » que le développement des ressources naturelles permet la création de « bons emplois » et le maintien de la « société équitable dans laquelle on vit », le président du conseil d’administration du Fonds et président de la FTQ, Michel Arsenault, a énuméré les valeurs de la société qu’il représente.


Il a assuré que le Fonds ne s’associerait pas « avec des employeurs pollueurs » et souligné la rigueur du processus d’évaluation des nouveaux dossiers proposés. « Nous croyons au respect des communautés avoisinantes et de l’environnement, nous croyons à de justes redevances et à l’utilisation du savoir-faire québécois avec une politique de deuxième et de troisième transformations. C’est ça, la politique du Fonds », a-t-il lancé.


Pourtant, M. Arsenault a dû se résigner à avouer que la société Stornoway ne s’était pas engagée à effectuer les deuxième et troisième transformations du diamant au Québec. « On n’a pas pris d’engagement, non. Pas à ce moment-ci », a-t-il admis, à mi-voix.


Le Fonds FTQ détient des investissements dans une trentaine d’entreprises du domaine minier et peut compter sur une équipe spécialisée dans les ressources naturelles.


Par ailleurs, le Fonds de solidarité n’a pas été invité à témoigner publiquement devant la commission Charbonneau, qui se penche sur l’octroi des contrats publics dans la construction. S’il devait être convoqué, il collaborerait pleinement avec la commission, a assuré son président-directeur général, Yvon Bolduc. « Il y a eu une rencontre pour parler des processus d’approbation des dossiers dans le Fonds, a cependant attesté M. Bolduc. Ç’a été cordial. »


« Nous sommes heureux de partager la manière dont le Fonds fonctionne, ça nous a fait plaisir de le faire, a ajouté son collègue Michel Arsenault. On a des processus extrêmement solides. La rencontre a permis de départager les allégations et la vérité. »


MM. Arsenault et Bolduc ont assuré qu’aucun des entrepreneurs avec qui ils ont fait ou font actuellement affaire n’est apparu sur les bandes vidéo diffusées au cours des derniers jours à la commission Charbonneau. Mercredi, un policier avait montré aux commissaires plusieurs vidéos tournées au club social Consenza, dans lesquelles on voit de l’échange d’argent entre des entrepreneurs en construction et des têtes dirigeantes de la mafia.

 
 
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