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Le péquiste André Villeneuve nie tout lien avec la mafia sicilienne

28 septembre 2012 16h10 | La Presse canadienne | Québec
Le député de Berthier, André Villeneuve<br />
Photo : Parti québécois Le député de Berthier, André Villeneuve
Québec — Éclaboussé par la Commission Charbonneau, le député péquiste André Villeneuve a nié vendredi tout lien avec la mafia.

M. Villeneuve a eu «les jambes coupées» d'apprendre jeudi que le nom de son entreprise figurait sur une liste de 74 firmes de construction dont les véhicules ont été observés près du club social Consenza, repaire de la mafia sicilienne à Montréal.

Parmi des dizaines d'autres, un véhicule identifié à l'entreprise «Plancher Mirage André Villeneuve» a été vu par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) durant l'enquête antimafia Colisée, entre 2002 et 2006, dans le stationnement du centre commercial où se trouvait le Consenza.

La longue liste des sociétés mises en cause a été énumérée devant la Commission Charbonneau par le sergent-détective Éric Vecchio, du Service de police de la ville de Montréal.

En point de presse, à Québec, le député de la région de Lanaudière a affirmé n'être jamais allé dans le repaire de la mafia montréalaise et n'être d'aucune façon impliqué dans le monde interlope.

«Je n'ai aucun lien avec la mafia de quelque façon que ce soit et je n'ai jamais mis les pieds au Consenza de ma vie», a dit M. Villeneuve, dont l'entreprise spécialisée dans les planchers résidentiels employait quatre personnes en 2004 pour un chiffre d'affaires de 250 000 $.

M. Villeneuve a dit ignorer comment l'un des quatre véhicules identifiés à son entreprise a pu être observé à proximité du Consenza. Une demande a été soumise à la Commission Charbonneau pour connaître le numéro d'immatriculation du véhicule et la date de l'observation incriminante.

«Les véhicules étaient attitrés à chacun des employés, on pouvait faire des échanges de véhicule à l'occasion, mais c'est un bon départ de connaître le numéro de plaque pour savoir de quel véhicule il est question», a-t-il indiqué.

M. Villeneuve a refusé d'avancer quelque explication que ce soit, mais a fait remarquer que le véhicule était garé dans le stationnement d'un centre commercial qui compte au moins une demi-douzaine d'adresses et que sa présence à proximité du Consenza pourrait être fortuite.

«On pourrait imaginer plein de scénarios, mais n'oubliez pas qu'on est dans un stationnement public, il y a des commerces autour, et ils (les policiers) photographient les plaques des véhicules qui vont se stationner là. C'est quand même assez particulier, je vous dirais», a laissé tomber le député.

D'ailleurs, le «Tableau des fréquentations au club social Consenza et au bar Laennec», déposé à la Commission Charbonneau, «ne comporte aucune mention de mon nom ou celui de mes employés parmi les gens ayant fréquenté l'établissement», a-t-il précisé.

«Dévasté»

Élu pour la première fois en 2008 et réélu le 4 septembre dernier, le député du Parti québécois a raconté qu'il avait été «dévasté» d'entendre son nom associé au monde de la mafia.

«Les jambes coupées! Je n'en revenais pas. Ça fait deux ans et demi qu'on réclame une commission d'enquête à notre corps défendant et là, surprise, mon nom sort à la commission. Alors effectivement, la surprise fut très grande», a-t-il dit.

Homme discret, M. Villeneuve n'a pas la flamboyance de certains de ses collègues qui occupent le devant de la scène au Parti québécois. Il a néanmoins été promu adjoint parlementaire au ministre des Affaires municipales par la première ministre Pauline Marois dans les jours suivant le dernier scrutin.

Il a dit ne pas savoir si la première ministre lui permettra de demeurer dans le caucus, le temps que l'affaire soir tirée au clair.

«Elle ne m'a pas dit non, elle ne m'a pas dit oui. Présentement on attend de recevoir des informations pour savoir où on s'en va», a-t-il soulevé.

M. Villeneuve n'est accusé d'aucun crime et conservera sa place au caucus de même que ses fonctions d'adjoint parlementaire, a cependant assuré l'attachée de presse du gouvernement péquiste, Shirley Bishop.
 
 
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