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L’élimination du placement syndical sous l’influence d’un farouche opposant

L’adjoint parlementaire de la ministre du Travail est issu de la FTQ

21 septembre 2012 | Kathleen Lévesque | Québec
Le projet de loi 33 vise l’élimination du placement syndical dans l’industrie de la construction.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir Le projet de loi 33 vise l’élimination du placement syndical dans l’industrie de la construction.
La première personne que devra convaincre la ministre du Travail, Agnès Maltais, du bien-fondé d’éliminer le placement syndical dans l’industrie de la construction, est sans nul doute son adjoint parlementaire, a constaté Le Devoir. Le nouveau député de Rouyn-Noranda -Témiscamingue, Gilles Chapadeau, est un farouche opposant au projet de loi 33 qu’il a pourfendu lorsqu’il était conseiller régional pour la FTQ en Abitibi.

M. Chapadeau devra maintenant épauler Mme Maltais qui se retrouve aux commandes d’un dossier fort délicat. Au cours des dernières années, de nombreuses révélations concernant l’intimidation et le harcèlement sur les grands chantiers de construction, notamment sur la Côte-Nord, concernaient la FTQ-Construction. Ces problèmes, qui ont nourri les critiques populaires et les réclamations constantes pour une commission d’enquête publique, sont notamment associés au placement syndical.


Le placement syndical doit être retiré des mains des syndicats le 1er décembre prochain. C’est la Commission de la construction du Québec (CCQ) qui doit alors prendre la relève. D’ici là, la réglementation établissant la nouvelle mécanique de fonctionnement pour l’embauche des travailleurs de la construction doit être adoptée par décret gouvernemental. D’aucuns pourront se demander quelle sera l’influence de M. Chapadeau à cet égard.


Le Devoir a tenté de joindre Gilles Chapadeau, mais sans succès. L’arrivée en poste du nouveau gouvernement a fait en sorte que la ministre Maltais n’avait pas encore d’attaché de presse et que le responsable des communications pour l’aile parlementaire péquiste n’était pas encore remplacé. C’est donc le cabinet de la première ministre qui a commenté la situation.


« Il n’y a pas de conflit d’intérêts , a affirmé Shirley Bishop, la directrice des communications pour Pauline Marois. Quand M. Chapadeau a décidé de faire le saut en politique, il connaissait la position du Parti québécois », a-t-elle indiqué.


Mme Bishop a rejeté la possibilité d’une éventuelle volte-face par le biais des règlements qu’il reste à rédiger : « On n’a pas l’habitude de changer d’idée, mais je vais laisser la ministre expliquer son dossier. »


Charge syndicale


Chose certaine, Gilles Chapadeau n’a pas caché son point de vue radicalement différent de celui du Parti québécois alors que l’équipe de Pauline Marois a donné son appui à la Loi éliminant le placement syndical et visant l’amélioration du fonctionnement de l’industrie de la construction (adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale). Quelques jours après la commission parlementaire d’octo-bre 2011, au cours de laquelle la ministre du Travail d’alors, Lise Thériault, avait tenu tête aux leaders syndicaux, M. Chapadeau comparait l’exercice à « une représentation des Parlementeries ».


La semaine suivante, il récidivait en s’attaquant au Parti québécois, qu’il accusait d’avoir « perdu le nord ». « Le PQ de Mme Marois est un parti fractionné, sans vision et loin, très loin des valeurs de social-démocratie qui avaient fait de ce parti un allié de la classe ouvrière », écrivait alors Gilles Chapadeau dans le courrier des lecteurs d’un journal abitibien.


La charge du syndicaliste s’est poursuivie le 15 novembre 2011 dans une lettre ouverte publiée dans le journal Abitibi-Express. Il y dénonçait le « projet de loi injuste ».


Jeudi, sa nomination comme adjoint parlementaire de la ministre du Travail a été saluée par la FTQ dans un communiqué de presse.

 
 
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