Droits de scolarité: Marois annule la hausse et un partie de la loi 78

Québec — La première ministre Pauline Marois a annoncé jeudi l'annulation de la hausse des droits de scolarité et de la loi spéciale limitant les manifestations, deux mesures des libéraux qui avaient plongé le Québec dans une crise sociale au printemps dernier.

En réalisant cette promesse, Mme Marois a affirmé que le montant à payer pour les étudiants universitaires sera maintenu à 2168 $ pour l'année scolaire 2012-13. Les libéraux avaient décidé d'une hausse de 82 % au cours des sept prochaines années.

Loi 78

Lors de sa première conférence de presse au conseil exécutif, son ministère, Mme Marois a aussi annoncé l'abrogation par décret, vendredi, des dispositions de la loi spéciale 78 qui limitaient les manifestations.

«Ces deux décisions permettront de ramener la paix et de rétablir les droits et libertés», a-t-elle dit.

La hausse du financement promise aux universités, soit 60 millions, sera aussi maintenue pour l'an prochain, la première ministre expliquant que l'augmentation des droits de scolarité comptait pour très peu dans cette somme.

Les deux fédérations étudiantes n'ont pas mis de temps à se réjouir de cette décision, lors d'une conférence sur la colline parlementaire qui a suivi celle de Mme Marois.

La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge, a déclaré que la décision du nouveau gouvernement témoignait de la vigueur des étudiants et citoyens qui ont manifesté au printemps.

«On peut dire qu'on a aidé à empêcher la pire attaque à l'accessibilité aux études, a-t-elle dit. Cette victoire-là, c'est une victoire pour tous ceux qui ont porté le carré rouge.»

Durant le conflit, les députés du Parti québécois, alors dans l'opposition, ont eux aussi arboré le carré rouge symbolisant la lutte étudiante et l'opposition à la loi 78, qui est devenue la loi 12 une fois promulguée.

L'ancien président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a rejoint les rangs du Parti québécois à titre de député de Laval-des-Rapides, lors de l'élection du 4 septembre.

Sommet sur l'éducation

La prochaine étape sera un sommet sur l'éducation postsecondaire, qui devra faire le tour de la question, pour déterminer si les droits doivent être gelés, comme le réclament les associations étudiantes, ou indexés, l'option préconisée par Mme Marois.

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a affirmé qu'elle était prête à attendre jusqu'à l'an prochain.

«Si le sommet ne se tient pas à l'automne, il pourra se tenir à l'hiver, je pense qu'on a la marge de manœuvre nécessaire, a-t-elle dit. Entre-temps, comme Mme Marois l'a spécifié, le gel des frais de scolarité va demeurer.»

Absente lors de la conférence de presse, la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a affirmé que sa position était toujours pour le gel des frais, comme la FECQ et la FEUQ, en se distinguant cependant des deux autres par sa demande de la gratuité à long terme.

La CLASSE organisera d'ailleurs une manifestation le 22 septembre prochain, a indiqué lors d'une entrevue Camille Robert, porte-parole du regroupement étudiant.

«Samedi on va manifester avec cette thématique pour rappeler que la lutte pour l'accessibilité à l'éducation ne s'arrête pas à la hausse des frais de scolarité et que c'est un enjeu plus grand qui va prendre plusieurs années à défendre», a-t-elle dit.

Avant l'annonce de Mme Marois, lors d'un premier point de presse, les fédérations étudiantes avaient indiqué qu'elles misent sur les débats internes du Parti québécois pour que la première ministre renonce à son projet d'indexer les droits de scolarité universitaires.

Mme Desjardins a affirmé que la culture de débats au sein du PQ pourrait être profitable pour faire avancer le point de vue des associations.

«Je pense qu'il va y avoir, écoutez, des tiraillements, des discussions, des argumentaires, des débats, a-t-elle dit. J'espère qu'il va en avoir, on le sait qu'au niveau du gouvernement péquiste il y a souvent de bons débats, ça va faire changement du gouvernement libéral. Profitons-en.»

Après avoir annoncé l'annulation de la hausse et l'abrogation de la loi 78, Mme Marois a reconnu que le sujet pourrait être débattu cet automne lors du conseil général du PQ, dont le programme politique est favorable au gel, une position différente de celle de la chef péquiste.

«S'il en vient sur ça, on les recevra, comme on reçoit toutes les propositions de nos militants», a-t-elle dit.

Difficultés financières

La FEUQ et la FECQ souhaitent aussi la mise en place d'urgence d'une table de travail pour examiner les difficultés financières éprouvées par certains étudiants pour cette rentrée.

Cette instance devra aussi préparer l'organisation du sommet sur l'éducation postsecondaire promis par le PQ, a affirmé Mme Laberge, en réclamant que le gouvernement fixe au plus vite une date pour cet événement.

Les deux fédérations étudiantes souhaitent aussi que le nouveau ministre de l'Éducation supérieure, Pierre Duchesne, mandate le vérificateur général afin d'avoir une idée plus claire de la situation financière des universités.
  • Alain Hebert - Inscrit 20 septembre 2012 16 h 22

    Démagogie anti-nucléaire

    La centrale G2, en opération depuis 30 ans, n'a pas beaucoup de supporteurs au Québec. Pourtant, et quoi qu'en disent les écologistes "sociaux" (à l'image de Daniel Breton), le nucléaire est la seule voie pour éviter le réchauffement global par les GES (je pourrais élaborer sur ce point). Les autres pays fortement industrialisés (j'inclue l'Ontario) ont le choix entre le nucléaire et les combustibles fossiles. Lorsque l'Allemagne est sortie du nucléaire, elle a augmenté ses commandes de charbon! Les énergies alternatives sont surtout utiles pour un usage domestique (que j'approuve), pas industriel.

    SNC-Lavalin, une entreprise Québécoise, a pris le contrôle l'AECL et compte offrir des services d'ingénérie nucléaire sur la scène internationale. Quel message le Québec enverra-il s'il ferme G2 au lieu de le rénover comme les autres exploitants de CANDU6 ont fait (Nouveau-Brunswick, Corée du Sud, Argentine)?

    Dites-vous que les apparances sont trompeuses et que des dossiers politiques, apparamment simple, sont en réalité fort complexes. La perte de G2 peut sembler inoffensive vu les ressources hydro-électriques du Québec. Ce qu'on va perdre n'est pas une vieille centrale de 2ième génération. Ce qu'on va perdre est le personnel hautement-qualifié que HQ a formé au cours des 40 dernières années. Ce qu'on va perdre, c'est la R&D industrielle et universitaire dans la seule technologie apte à sauver la planète du réchauffement global. Ce qu'on va perdre, c'est la division nucléaire de SNC-Lavallin. Ce qu'on va perdre, ce sont des milliers d'emplois dans la région économiquement sinistrée de Trois-Rivières. Ce qu'on va perdre, c'est plus de 850 millions de $ déja dépensés par HQ pour rénover la centrale.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 20 septembre 2012 17 h 37

      Le nucléaire n'est d'aucune utilité au Québec pour réduire les émissions de GES. Au-cu-ne. Arrêtez de répéter le mensonge de réduction des GES grâce au nucléaire québécois.

      Perdre du personnel hautement qualifié pour une industrie injustifiable dans notre contexte energétique, c'est dommage sur le plan individuel, nécessaire sur le plan collectif. Je ne me lamenterai pas du la perte de personnel hautement qualifié en fracturation hydraulique pour les gaz de schiste non plus.

      J'espère bien que le message envoyé par le Québec au monde sera : «on peut sortir du nucléaire et réduire nos émissions de GES en même temps».

      La réputation internationale d'SNC-Lavalin est déjà au plus bas et on a pas du tout envie de la ménager après toute la corruption dans laquelle elle a trempé.

      Encore une fois, je félicite le gouvernement du Québec de nous sortir du nucléaire. C'était une sage décision.

  • Djosef Bouteu - Inscrit 20 septembre 2012 16 h 51

    Gentilly-2 ferme, byebye le gouffre financier et la pollution des gaz de schiste, la loi 12 abrogée, l'accessibilité à l'éducation supérieure maintenue ou légèrement augmentée, etc.

    Voilà un excellent retour à la raison au Québec. Bravo au nouveau gouvernement!

    On va sauver des milliards grâce à la fermeture de Gentill. Une tite larme en passant pour les firmes de génie-conseil dans le nucléaire et la fin des emplois subventionnés à 1 million l'unité. (larme de joie)

    Hydro-Québec est en grande surproduction depuis la chute de la demande de notre électricité aux États-Unis (leurs prix ont baissés, donc les nôtres ne sont plus intéressants pour eux).

    Avec le nouveau barrage à La Romaine/Unamen-Shipu, Hydro-Québec a même rangé sur les tablettes ses projets d'efficacité énergétique. Je pense que c'est une mauvaise décision, parce qu'il faut libérer beaucoup de kW/h pour électrifier nos transports.

    Enfin le Québec a cessé de régresser. En avant, il y a tellement à faire. Il faut faire le ménage et sortir la mafia et la corruption des contrats, réfléchir au plan d'électrification des transports, revivifier les régions qui se vident avec des projets durables.

    Pas un feu de paille de mine exploitée à fond de train pendant 10 ans qui quitte avec le minerai, puis un nouveau 20 ans de misère!

    Du durable, avec de la transformation au Québec, de préférence en partie à proximité de l'extraction pour dynamiser et diversifier les emplois des environs.


    Le Parti québécois s'est engagé à mettre fin au pillage de ressources sans transformation. C'est la transformation qui paie le plus. Nous avons beaucoup d'espoir.

    • Guy Desjardins - Inscrit 21 septembre 2012 08 h 14

      Ne jouissez pas trop vite aux décisions hâtives car il se peut que beaucoup de gens en soient les victimes par la suite. On verra.

  • Jean Francois - Inscrit 20 septembre 2012 16 h 59

    Merci !

    Merci d'écouter la majorité.

  • Michel Lebel - Abonné 20 septembre 2012 17 h 41

    Le mystère!

    Question: où va-t-on touver l'argent pour faire ces choses? À ce que je sache, le pognon ne pousse pas dans les arbres! À suivre!

  • Leclerc Éric - Inscrit 20 septembre 2012 17 h 54

    Les riches vont payer, il était temps!

    Raymond Bachand a préféré alléger allègrement le fardeau fiscal des plus riches pendant ses neuf années de mandat ou leur donner l'occassion de s'enrichir avec de généreux crédits d'impôt ou exemptions fiscales. Comme ont ne peut en demander davantage aux contribuables qui gagnent le salaire minimum, et qu'il y a encore beaucoup de prestataires de l'aide sociale qui bénéficient de nombreux avantages, c'est l'ensemble de la classe moyenne qui a payé. Jean Charest a créé des emplois à 10 ou 15 $ l'heure alors qu'il faut créer davantage d'emplois de BONNE QUALITÉ; quand au salaire minimum à 9,90 l'heure en 2012, c'est une vraie farce!

    • David Kristal - Inscrit 20 septembre 2012 20 h 35

      Maintenant, les riches vont payer moins aussi.

      On devrait payer selon nos possibilités, ça c'est comme l'education doit fonctionner.