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Marois prône la réconciliation

Les 54 députés du Parti québécois sont assermentés

18 septembre 2012 | Antoine Robitaille | Québec
Élu dans Laval-des-Rapides le 4 septembre dernier, Léo Bureau-Blouin, 20 ans, est devenu officiellement lundi le plus jeune député de l’histoire du Québec.
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Élu dans Laval-des-Rapides le 4 septembre dernier, Léo Bureau-Blouin, 20 ans, est devenu officiellement lundi le plus jeune député de l’histoire du Québec.
Québec — Minoritaire, Pauline Marois a joué la carte de la réconciliation lundi, lors de l’assermentation de ses 53 députés, s’engageant à « rassembler les Québécois » et à mettre fin « à la politique de la division ».

Dans un discours court et sobre exempt du mot « souveraineté », elle a soutenu que l’objectif premier de son équipe parlementaire sera d’« améliorer la vie des Québécois » tout en gérant les fonds publics de manière responsable et faisant preuve d’une « intégrité sans faille ». Une fois rassemblés, les Québécois retrouveront leur « fierté » et leur « confiance ». À ce moment, « absolument rien ne lui [sera] impossible », a-t-elle fait valoir.


Dans l’entourage de Mme Marois, on assurait lundi que la première ministre tenterait de gouverner en « pigeant dans les programmes des autres » présents à l’Assemblée nationale.


Plusieurs élus péquistes ont dit avoir bon espoir de voir leur équipe en arriver à des ententes avec les partis d’opposition. « Il faut collaborer parce que la confiance de la population [à l’égard des politiciens] est atteinte », a soutenu l’ancien leader parlementaire Stéphane Bédard (Chicoutimi).


« Sur toute la question de l’éthique, du nettoyage des moeurs dans la construction, des réformes pour les partis politiques », il y a des possibilités, a soutenu le député de Rosemont, Jean-François Lisée. Sur la langue et laïcité, « il y a des points de convergence entre CAQ, Québec solidaire et nous », a-t-il affirmé.


Le député de Johnson, Yves-François Blanchet, s’est montré d’accord, évoquant « un certain nombre de politiques linguistiques où l’on pourrait se rencontrer ». Sur l’économie, il y a des sujets, comme le mandat de la Caisse de dépôt et placement du Québec ou celui de « tirer davantage de retombées des ressources naturelles », où il y aurait « des consensus tout à fait possibles à construire » selon lui.

 

Absences remarquées


Le PQ a donné six premiers ministres au Québec, mais aucun des cinq anciens ne s’est présenté hier à l’assermentation.


« J’aurais aimé qu’ils soient là. Mais pas assez pour porter un jugement sur leur absence », a commenté M. Blanchet. La présence d’anciens ténors souverainistes aurait eu « une valeur symbolique intéressante », a-t-il opiné, s’empressant d’ajouter que leur absence ne diminuait en rien « le poids de notre mandat et de ce qu’on veut faire avec ».


Biographe de Jacques Parizeau, le nouveau député de Borduas, Pierre Duchesne, aurait aimé que l’ancien premier ministre soit présent au salon rouge lundi. Racontant lui avoir parlé cet été, il a soutenu que ce dernier « s’est défini comme un membre du PQ à vie ». Pendant la campagne, M. Parizeau avait toutefois appuyé le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, dans Nicolet-Bécancour.


Parmi les 54 élus péquistes assermentés lundi, 19 siègent pour la première fois, dont 6 femmes. Le Parti québécois compte en tout 17 députées. C’est Nicole Stafford qui dirigera le cabinet de Pauline Marois, tandis que le directeur adjoint sera Dominique Lebel. Vice-président exécutif de Cossette jusqu’en 2010, M. Lebel a déjà occupé diverses fonctions dans les cabinets ministériels de Mme Marois.

 

Avec Robert Dutrisac

***

L’unifolié est retiré du salon rouge


Le drapeau canadien a été une fois de plus retiré du salon rouge, lundi, pour l’assermentation des 54 députés du Parti québécois.

C’est après l’élection du Parti libéral en décembre 1985 qu’il y avait été déployé une première fois, a rappelé au Devoir l’historien du parlement Gaston Deschênes.

En 1994, lors de l’assermentation du gouvernement Parizeau, l’unifolié avait été retiré du salon rouge. Il y avait été replacé en avril 2003, lors de l’entrée au pouvoir des libéraux de Jean Charest.

La tradition de placer un drapeau dans les salons de l’hôtel du parlement a été instaurée par le gouvernement de René Lévesque en 1976. Le Salon bleu a eu son fleurdelisé dès la prise du pouvoir par les souverainistes. Le Salon rouge, un peu plus tard, au début des années 1980, indique M. Deschênes.

 
 
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