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Ouvrons le dialogue - Tendre la main à tous, anglos et francos

Six membres de la communauté anglophone expriment leur vision du Québec d’aujourd’hui

15 septembre 2012 | Jessica Nadeau | Québec
L’auteur-compositeur-interprète Patrick Watson croit qu’il ne faut pas se diviser comme cela a été le cas dans le passé.
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir L’auteur-compositeur-interprète Patrick Watson croit qu’il ne faut pas se diviser comme cela a été le cas dans le passé.

Nom : Patrick Watson

Âge : 32 ans

Profession : artiste

Résidence : Plateau-Mont-Royal

Comment réagissez-vous à la victoire du PQ ?


C’est une question compliquée pour un anglophone parce que l’histoire avec le PQ, c’est comme on n’existait pas ou qu’on n’était pas les bienvenus ici. Quand j’étais enfant, je me faisais tabasser à l’école française. Mais ces dernières années, j’étais bien ici, loin de ces vieilles batailles-là. Et j’aimerais ça que cela reste ainsi. À mon avis, le PQ n’a jamais fait un effort vers les anglophones québécois. Ma mère par exemple, a travaillé tellement fort pour apprendre le français, mais il n’y a jamais eu de main tendue.

 

Est-ce que les tensions sont réelles ? Si oui, ont-elles été exacerbées par la campagne électorale ?


C’est difficile à dire. Lorsque l’on pose la question, c’est souvent parce qu’il y a quelque chose… Mais en même temps, je pense que nous sommes rendus plus loin. Dans mon band, on est moitié anglophone, moitié francophone. C’est intéressant parce que tout le monde prend encore cela à coeur, mais en même temps, c’est une vieille histoire qui ne nous appartient pas. C’est une autre époque. C’est sûr que la question de la séparation nous divise, mais certains partis, comme Québec solidaire, amènent la question de la séparation sur l’aspect de l’identité plutôt que de la langue. Je trouve cela intéressant parce que ça inclut tout le monde, que l’on soit d’accord ou non.

 

Comment décririez-vous la communauté anglophone du Québec ?


Je vois, à la garderie, plein de couples et d’enfants qui parlent les deux langues. C’est ça, pour moi, être Québécois. Je sais que les francophones sont très fiers de leur langue, je suis d’accord et ils ont tout mon respect pour cela. Mais il ne faut pas revenir en arrière et se diviser.

 

Est-ce que la communauté anglophone a besoin d’un porte-parole ?


Je regarde les politiques partisanes et ça m’agace. Je pense qu’il doit y avoir un porte-parole pour tous les Québécois, qu’ils soient francophones ou anglophones. C’est le seul porte-parole dont on a besoin. Il faut travailler en équipe pour faire face aux énormes défis écologiques et économiques qui nous attendent.

 

Comment rétablir le dialogue ?


Le PQ doit prendre une responsabilité de leadership pour la province et tendre la main à tout le monde, et non seulement aux francophones.

 
 
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