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Ouvrons le dialogue - Une communauté à préserver

Six membres de la communauté anglophone expriment leur vision du Québec d’aujourd’hui

15 septembre 2012 | Jessica Nadeau | Québec
Pour John Gomery, les tensions entre communautés sont réelles, mais la solution réside dans la tolérance et le respect mutuel.
Photo : La Presse canadienne (photo) Tom Hanson Pour John Gomery, les tensions entre communautés sont réelles, mais la solution réside dans la tolérance et le respect mutuel.

Nom : John Gomery

Âge : 80 ans

Profession : juge à la retraite, président du Conseil de presse du Québec

Résidence : Havelock, en Montérégie

Est-ce que les tensions sont réelles ?


Oui, les tensions sont réelles. Dans certains cercles anglophones, les commentaires témoignent d’une certaine tension. On a peur de revivre ce qui s’est passé dans les années passées, soit une certaine démonisation de la communauté anglophone qui était, aux dires de certains, responsable de tous les malheurs. Je trouve cette situation très injuste. On avait le sentiment, depuis quelques années, qu’on était arrivé à un certain respect mutuel. Et le discours récent commence à nous faire croire que, peut-être, nous étions trop optimistes.

 

Est-ce que la communauté anglophone a besoin d’un porte-parole ?


Cela manque certainement, car la communauté anglophone représente 800 000 personnes. C’est une communauté ethnique très importante, non seulement par son histoire, mais également en nombre. C’est une communauté qui mérite d’avoir des porte-parole et d’être écoutée.

 

Comment rétablir le dialogue ?


Le PQ, qui est au pouvoir actuellement, a proposé certaines mesures qui semblent avoir pour effet de restreindre les droits que les anglophones ont eus jusqu’ici. Évidemment, ce sont des questions hautement politisées et je ne veux pas faire de commentaires. Mais un dialogue sur cette question aura lieu, je présume, à l’Assemblée nationale. De façon générale, la solution est banale : c’est la tolérance et le respect mutuel. Je pense que la communauté anglophone fait preuve d’un respect profond pour la majorité francophone dans la mesure où la communauté anglophone, dans une très grande proportion, a appris à vivre en français. Et j’espère que ces efforts seront appréciés par la communauté francophone en témoignant d’une certaine tolérance. Parce qu’on a le sentiment, comme anglophone, que le vrai objectif, tout au fond du coeur d’un grand nombre de francophones, c’est que la communauté anglophone disparaisse ou qu’elle s’intègre au point de ne plus être anglophone. Tout comme la communauté francophone est catastrophée à l’idée de disparaître, nous voulons continuer d’exister comme communauté.


***
 

En raison des fonctions publiques qu’il occupe, John Gomery ne peut se prononcer sur un certain nombre de questions de nature politique.

 
 
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