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Ouvrons le dialogue - Se reconnaître comme minorité

Six membres de la communauté anglophone expriment leur vision du Québec d’aujourd’hui

15 septembre 2012 | Jessica Nadeau | Québec
David Daoust croit que les anglophones sont inquiets pour l’avenir, surtout en ce qui a trait à leur système scolaire.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir David Daoust croit que les anglophones sont inquiets pour l’avenir, surtout en ce qui a trait à leur système scolaire.

Nom : David Daoust

Âge : 65 ans

Profession : président de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec

Résidence : Huntingdon, en Montérégie

Comment réagissez-vous à la victoire du PQ ?


J’accepte ce qui s’est passé, il faut continuer avec notre vie normale. Ça ne m’inquiète pas du tout. J’ai déjà travaillé avec un gouvernement du PQ quand Mme Marois était ministre de l’Éducation. C’est elle qui a procédé à la réorganisation des commissions scolaires sur une base linguistique en 1998. C’est une bonne gestionnaire. Je mentirais si je disais que j’étais toujours d’accord avec ses décisions, mais elle a toujours respecté les besoins et les droits de la minorité anglophone en éducation. Plusieurs disent qu’en matière d’éducation, on était mieux servi par le gouvernement péquiste que par le gouvernement libéral. Et avec toutes les compressions budgétaires subies dans les dernières années, c’est un peu normal de penser cela !

 

Est-ce que les tensions sont réelles ? Si oui, ont-elles été exacerbées par la campagne électorale ?


Oui, je dirais que certaines tensions ont été ravivées par les élections. Le simple fait de parler de séparation, ce n’est pas dans le vocabulaire des anglophones. Et ça inquiète les anglophones. Les tensions linguistiques, on va toujours en avoir au Québec. C’est comme notre déjeuner. Mais est-ce qu’elles sont réelles, ou est-ce que c’est l’affaire de quelques individus ? C’est fort possible qu’il n’y ait jamais consensus sur un problème.

 

Comment décririez-vous la communauté anglophone du Québec ?


C’est une communauté qui commence à reconnaître le fait qu’elle est minoritaire dans une province à dominance francophone et elle accepte mieux ce rôle aujourd’hui qu’en 1976. Mais les anglophones sont inquiets pour l’avenir et pour leur système scolaire, dernier vestige d’un gouvernement local.

 

Est-ce que la communauté anglophone a besoin d’un porte-parole ?


Il y a plusieurs leaders anglophones au Québec qui ont des responsabilités dans des secteurs pas mal restreints comme l’éducation. Mais est-ce que la communauté a décidé qu’elle voulait nommer quelqu’un pour être notre leader ? Non. Je pense qu’ils ont beaucoup de misère à s’entendre sur le leadership. Mais vous savez, il y a des gens comme moi qui vieillissent et qui n’ont plus l’énergie de le faire. Et on n’a pas pris le temps de cultiver un jeune leadership. Mes enfants et petits-enfants ne se posent plus la question de la langue. Pour eux, ce n’est plus une crise d’avoir deux cultures tout en appartenant à une minorité. Cela va de soi.

 

Comment rétablir le dialogue ?


La seule réponse qui me vient à l’esprit, c’est que c’est le rôle du gouvernement. Si on veut avoir la paix linguistique, il faut qu’on discute, qu’on essaie de comprendre les attentes de chacune des communautés. Pour le gouvernement au pouvoir, il faut saisir les opportunités de créer des ponts avec la minorité anglophone. Si j’avais un avis à donner à Mme Marois, ce serait d’essayer de calmer la communauté anglophone, de la rassurer sur le rôle qu’elle a à jouer. Elle a bien campé ça le soir de ses élections avant qu’on ne la sorte de la scène.

 
 
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