Lettre - Un pays d’un seul bloc
Le mal-être si souvent exprimé dans nos chansons et notre littérature, dans nos arts aux élans si souvent frustrés par les plaies des échecs politiques humiliants et les traumas successifs, ce mal-être va désormais être mis en relief et nous permettre de sortir de notre blues dépressif ancré dans nos vieilles souffrances collectives depuis la Conquête.
Nous avons la lutte à faire, plus que jamais, une lutte à finir de la seule façon par laquelle on puisse la terminer, c’est-à-dire par une victoire complète et totale sur un ennemi (nous-mêmes) veule et engourdi.
Nous avons à libérer une grande partie de notre peur que cette léthargie ancestrale tient trop bien entre ses mains, et qui opprime notre personnalité. Nous avons à aller, une fois de plus, à nos écritoires, à nos études, à nos travaux, pour établir par nos efforts, ce que seul un élan profond peut nous donner, notre identité.
Et, pour résister, pour finir cette lutte, nous avons à accroître nos forces, à les faire plus puissantes jour après jour, de manière que le pourcentage du Québec dans la victoire commune de la souveraineté soit aussi grand que possible.
Monsieur Bouchard doit se souvenir que c’est de cette résistance magnifique qu’est venue notre nation, celle qui a résisté jusqu’ici aux assauts, celle qui s’est dressée sur son sol pour défendre ses lois et sa langue, sa culture et son rayonnement, pour en faire d’un seul bloc un pays.








