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Bachand veut préparer une «guerre» au budget Marois

Le ministre des Finances libéral souhaite que son parti se donne un chef le plus tôt possible

13 septembre 2012 | Antoine Robitaille | Québec
Raymond Bachand, député d’Outremont, affirme ne pas avoir pris sa décision quant à une éventuelle candidature à la chefferie du PLQ. Il a toutefois démontré son intérêt pour le poste.
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Raymond Bachand, député d’Outremont, affirme ne pas avoir pris sa décision quant à une éventuelle candidature à la chefferie du PLQ. Il a toutefois démontré son intérêt pour le poste.

Congrès à la direction du PLQ


1958

Jean Lesage 630 votes (72,2%)

Paul Gérin-Lajoie 145 votes (16,6%)

René Hamel 97 votes (11,1%)

Aimé Fauteux 1 vote (0,1%)

 

1970

Robert Bourassa 843 votes (53,2%)

Claude Wagner 455 votes (28,7%)

Pierre Laporte 288 votes (18,1%)

 

1978

Claude Ryan 1748 votes (68,4%)

Raymond Garneau 807 votes (31,6%)

 

1983

Robert Bourassa 2138 votes (75,3%)

Pierre Paradis 353 votes (12,4%)

Daniel Johnson 343 votes (12,1%)

Les libéraux doivent se choisir un « vrai chef » au plus tôt, avant le premier budget du gouvernement Marois, croit Raymond Bachand ; sinon, les péquistes vont profiter de la course à la chefferie dans l’opposition officielle pour « faire n’importe quoi », a-t-il déclaré à l’entrée du caucus libéral hier matin. Celui qui est ministre des Finances jusqu’à mercredi estime que lorsqu'« on lit ce que [les gens] du Parti québécois veulent faire, c’est un désastre pour l’économie du Québec ». Le PLQ devrait donc renverser le gouvernement Marois dès que possible ? « S’ils maintiennent leurs positions financières et économiques, il faut être prêt à bloquer ça », a-t-il pesté avant de concéder que les Québécois ne veulent pas nécessairement des élections à court terme. Mais si vis pacem… « Si vous voulez la paix, préparez la guerre », a-t-il lancé.

Du reste, le prochain chef du PLQ, est-ce que ce pourrait être lui, Raymond Bachand ? Peut-être. Le député d’Outremont a soutenu ne pas avoir pris sa décision quant à une éventuelle candidature, mais il semblait très tenté. « J’ai un intérêt », a-t-il répété. La semaine dernière, il avait indiqué vouloir consulter ses proches avant de prendre sa décision. Hier, il révélait avoir vidé la question avec son épouse et ses enfants. Et ces derniers lui ont donné l’assurance qu’ils l’appuieraient que la décision soit positive ou non. En définitive, a-t-il ajouté, « ce n’est pas une décision pour moi, c’est une décision pour le parti, c’est une décision pour le Québec ».


Le ministre des Transports Pierre Moreau, autre prétendant potentiel, a pris lui aussi le soin d’inscrire sa décision dans un contexte plus large : « C’est un processus qui est très important. Le Parti libéral est une grande institution. Au-delà des ambitions personnelles… on est dans une situation où on est maintenant dans l’opposition et ça nous permet de nous rapprocher de cette base des militants, de faire des réflexions importantes. » M. Moreau estime que des médias exagèrent son degré d’organisation. « Je suis en réflexion. […] Il n’y a pas d’organisation parce qu’il n’y a pas de décision », a-t-il soutenu, visiblement irrité par les reportages affirmant qu’il tentait de prendre les autres candidats potentiels de vitesse. « Je ne sais pas si on a fait des appels pour moi… Moi, j’ai dit que j’étais en réflexion et non en retraite fermée, alors ce genre de chose-là, ça se fait en prenant contact avec des gens et ça fait partie du processus de réflexion. »


Le ministre du Développement économique Sam Hamad a pour sa part confirmé qu’il se retirait de la course : « Je vais passer mon tour cette fois-ci », a-t-il déclaré. Autre candidate pressentie, Lise Thériault, à l’entrée du caucus, a laissé entendre qu’elle imiterait son collègue Hamad et qu’elle renoncerait à plonger dans la course. Quant à l’ancien ministre Pierre Paradis, il n’avait pas fermé la porte à une candidature la semaine dernière, mais s’est refusé à tout commentaire hier.


Pas de couronnement


L’idée d’avoir un « vrai chef » avant le premier budget Marois semblait plaire à plusieurs membres du caucus. « Si on était positionné avant le budget, ce serait assez utile », a opiné le ministre Laurent Lessard. Le président du PLQ, Marc Tanguay, qui a remplacé Tony Tomassi dans Lafontaine, a toutefois indiqué qu’il fallait « prendre le temps de bien faire les choses ».


Or, bien faire les choses, pour plusieurs élus libéraux, c’est d'« avoir un vrai débat », comme l’a affirmé la ministre déléguée aux Aînés Marguerite Blais. Et cela signifie… ? « Le contraire d’un couronnement ! » Au dire de Mme Blais, le PLQ est très « soudé, très tricoté serré ». Mais il serait « sain » selon elle de débattre. « Ça fait très, très longtemps qu’il n’y a pas eu de course à la chefferie. » Le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil est d’accord : « Il est nécessaire d’avoir une course. Nécessaire d’avoir plusieurs candidats, qu’on brasse nos idées et qu’on fasse un choix éclairé. »


Les modalités, échéances et règles de la course à la chefferie seront fixées lors d’un conseil général du PLQ début octobre. « Pour l’instant, la constitution que nous avons nous permet de faire une élection avec des délégués », a précisé le chef par intérim Jean-Marc Fournier hier, mais le parti pourrait décider de moderniser cette procédure en adoptant comme les autres partis le suffrage universel des membres.

 

Par intérim


En attendant, les libéraux ont entériné hier à l’unanimité le choix de l’exécutif de faire de M. Fournier leur chef par intérim. Par conséquent, le député de Saint-Laurent devient chef de l’opposition officielle. Il aura la lourde tâche de diriger l’opposition de 50 députés et la course la chefferie. La commission Charbonneau, qui reprend ses travaux lundi, pourrait aussi avoir des échos à l’Assemblée nationale, forçant le chef par intérim à répondre à des questions sur l’ère Charest. « On est capables, selon la vieille expression, de mâcher de la gomme et de marcher en même temps », a-t-il répondu hier.


En conférence de presse, M. Fournier s’est montré moins prompt que Raymond Bachand à imaginer la défaite du nouveau gouvernement Marois sur son budget. Il a toutefois souligné que les gens au pouvoir « doivent prendre acte du fait que nous sommes dans un Parlement de cohabitation. J’ose espérer qu’ils sauront écouter un peu ce que nous allons, de notre côté, mettre de l’avant ». Aux yeux de M. Fournier, son mandat est de faire en sorte que les « Québécois bénéficient d’un gouvernement dédié entièrement à l’économie ». L’opposition qu’il dirigera, a-t-il insisté, ne « s’opposera pas pour s’opposer ». Mais elle combattra, a-t-il averti, « toute mesure qui cherchera à diviser les Québécois entre eux ou toute mesure qui s’inscrira dans une démarche visant à favoriser la séparation du Québec ».

 
 
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