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    Commission Charbonneau–Devine qui vient témoigner ? - La mainmise du génie-conseil sous examen

    13 septembre 2012 |Kathleen Lévesque | Québec
    La juge France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance reprennent leurs travaux lundi.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes La juge France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance reprennent leurs travaux lundi.
    Le premier volet de notre série «Devine qui vient témoigner?»: le monde syndical

    Le troisième volet de notre série «Devine qui vient témoigner?»: l'univers politique provincial
    Les audiences publiques de la Commission sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction recommencent lundi. Témoins volontaires ou sous la contrainte, la liste est longue de ceux qui détiennent un morceau du grand casse-tête ; Le Devoir vous en propose une, non exhaustive, non pas pour soulever des doutes, mais pour pointer en direction de quelques personnes riches d’informations permettant de démêler l’écheveau dans lequel est plongé le Québec depuis trois ans. Deuxième volet : le génie-conseil.

    La participation des firmes de génie-conseil à chacune des étapes du processus d’octroi de contrats publics, tant au gouvernement - y compris dans les sociétés d’État comme Hydro-Québec - que dans les municipalités, est devenue incontournable. Les firmes préparent, gèrent, encadrent la majorité des chantiers de construction en lieu et place des corps publics qui leur abandonnent ainsi des fonctions stratégiques.


    Cette mainmise des firmes de génie-conseil prend différentes formes. Par exemple, au ministère des Transports (MTQ), un comité de concertation auquel siègent des représentants des principales firmes détermine les millions de dollars d’investissements annuels dans les travaux routiers. Cet étroit partenariat a conduit à des dérapages dont a fait écho le rapport de l’Unité anticollusion du MTQ, communément appelé le « rapport Duchesneau », qui est à l’origine de la création de la commission Charbonneau.


    Mais il y a plus. Des firmes de la grande région de Montréal se répartiraient entre elles les différents projets, restreignant d’autant la concurrence. La démonstration de cette collusion reste toutefois à faire.


    Chose certaine, une certaine promiscuité s’est installée entre le privé et les donneurs d’ouvrage. On brasse des affaires avec les clients devenus des amis que l’on invite, par ailleurs, au Centre Bell, au golf, en voyage et pourquoi pas, à la maison ou au mariage des enfants.


    Ces firmes refusent toutefois de s’inscrire au registre des lobbyistes comme les y oblige pourtant la loi. Elles estiment faire du développement des affaires et non pas des activités d’influence.


    Dans ce contexte, la commission Charbonneau pourrait trouver intéressant de se faire expliquer le modèle d’affaires des firmes de génie-conseil. Voici quelques propositions.


    Groupe SM L’entreprise est dirigée par Bernard Poulin, un libéral notoire. M. Poulin est souvent identifié comme un collecteur de fonds du PLQ, ce qu’il a réfuté au cours des dernières années.


    Aux côtés de M. Poulin on retrouve Gérard Laganière, vice-président recherche et développement de projets dont les accointances péquistes sont connues. M. Poulin a également à son emploi Robert Marcil, fonctionnaire montréalais congédié après avoir voyagé en 2008 aux frais de l’entrepreneur Joe Borsellino (Construction Garnier), ainsi que Ginette Boivin, responsable du financement pour le Parti québécois blâmée par le rapport Moisan.

     

    Dessau L’entreprise a fêté ses 50 ans de réussite commerciale en 2007 en présence de Jean Charest. Quelques semaines plus tôt, le rapport d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde était déposé sans blâme pour les concepteurs de l’époque, Desjardins-Sauriol, soit l’ancêtre de Dessau.


    L’entreprise est dirigée par Jean-Pierre Sauriol, qui avait embauché l’ex-président du comité exécutif de Montréal Frank Zampino (accusé de fraude dans le dossier Contrecoeur). Son frère Rosaire est particulièrement actif dans le démarchage. Il a notamment séjourné sur le désormais célèbre bateau de Tony Accurso, le Touch.


    La filière politique est importante dans le développement des affaires de l’entreprise. On y retrouve Benoît Savard, qui a été organisateur en chef du PLQ jusqu’en 2007, et Denis Guindon. Ce dernier est un péquiste de longue date. Il a présidé la campagne de financement de Bernard Landry lors de la course au leadership de 2001.

     

    Génius conseil Il s’agit d’une petite entreprise, dirigée par Michel Lalonde, qui opérait jusqu’à l’année dernière sous la bannière de Groupe Séguin experts-conseils, très connue dans le monde municipal montréalais.

     

    Roche La vice-présidente de l’entreprise, France Michaud, a notamment été accusée de fraude dans le scandale de Boisbriand. Mme Michaud était une contributrice assidue aux caisses électorales libérale et péquiste.


    Son ex-collègue Gilles Cloutier, également vice-président, a déclaré il y a quelques mois à l’émission Enquête de Radio-Canada qu’il avait fourni, lorsqu’il était en fonction, des prête-noms pour financer les partis politiques. M. Cloutier a également reconnu avoir masqué des contributions illégales à des partis municipaux, en plus d’avoir distribué des cadeaux à des politiciens.

     

    BPR Présidée par Pierre Lavallée et auparavant par Paul Lafleur, BPR se montre particulièrement dynamique dans les dossiers de gestion de l’eau dans le monde municipal, comme ce fut le cas à Saint-Irénée, dans Charlevoix, ou à Montréal, avec le contrat des compteurs d’eau.


    BPR a eu à son emploi Jean D’Amour avant qu’il soit député libéral, pour faire du développement des affaires. À cette époque, il présidait le PLQ. Par la suite, il a été reconnu coupable de lobbyisme illégal.

    *** 

    NDLR: Ce texte a été modifié après sa mise en ligne.

     
     
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