Lettre - Une réflexion s’impose
La présente fait suite à l’éditorial du Devoir du 10 septembre intitulé « La réflexion s’impose ». Je fais partie des 3 % de contribuables visés par la taxe « santé » promise par le PQ. Je me suis toujours inclus, de bonne grâce et de bonne foi, dans la catégorie des citoyens gagnés au principe d’une justice fiscale responsable et je n’ai jamais rechigné à ce jour devant ma facture d’impôts, pourtant reconnue, depuis très longtemps, comme l’une des plus lourdes de tous les pays industrialisés. Mais cette fois, je reste incrédule et bouche bée devant cette politique de madame Marois.
Si l’on adoptait désormais comme déterminant le principe qu’elle semble mettre en avant, qui devrait payer le revenu des 1000 médecins supplémentaires attendus d’ici quatre ans ? Qui devrait être mis à contribution quand l’on se décidera enfin à moderniser et à humaniser un tant soit peu le réseau lamentable des CHSLD dont nous disposons ? Qui paierait pour la nécessaire réouverture de lits dans les hôpitaux qui, seule, permettrait de désengorger réellement les salles d’urgence et de raccourcir nos inacceptables listes d’attente en chirurgie ? Toujours les 130 000 $ et plus ?
Madame Marois est la première à savoir que c’est impossible. Elle sait que ces contribuables, bien loin d’être les « riches » que l’on prétend, sont pour une grande part des travailleurs autonomes qui souvent créent des emplois, qui n’attendent pas les subventions de l’État pour investir, qui ne bénéficient d’aucun fond de retraite et qui doivent prévoir leur propre avenir et celui de leur famille.
Cette mesure flatte une fibre démagogique. On dirait qu’elle vise à faire croire aux contribuables moins bien nantis que désormais, ce sont les « riches » qui vont assurer la pérennité de leur système de santé. Dans les faits, elle est inique et irréaliste : elle ne réglera pas le moins du monde le problème auquel elle prétend s’attaquer.
Je me suis étonné pendant la campagne qu’aucun politicien n’ose remettre sérieusement en question cette promesse de madame Marois. Merci d’être l’un de nos rares journalistes à avoir abordé cette question.
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Jean Imbeault - Montréal, le 11 septembre 2012








