Succession de Jean Charest - Le PLQ accélère la cadence
La course qui s’annonce est une première depuis 1983
Défait par le caquiste Stéphane Le Bouyonnec, le candidat du Parti québécois dans La Prairie, Pierre Langlois, demande un dépouillement judiciaire.
Les libéraux accélèrent la cadence en vue de trouver au plus tôt, dès l’hiver, un successeur à Jean Charest.
Ils envisagent de tenir un conseil général le plus tôt possible, dès le mois d’octobre. Ce sera l’occasion de fixer les règles entourant la course à la chefferie, et de choisir la date où sera connu celui ou celle qui aura le mandat de chasser du pouvoir Pauline Marois.
Lundi, le comité exécutif du Parti libéral du Québec (PLQ) a proposé le choix du ministre sortant Jean-Marc Fournier comme chef intérimaire, une décision qui devrait être entérinée sans problème mercredi matin à Québec lors d’un caucus des députés libéraux.
Pour le chef sortant, Jean Charest, ce sera alors la dernière occasion de voir ses députés avant de quitter la vie publique.
Chose certaine, les dirigeants du PLQ rêvent de voir leur nouveau chef en découdre avec la première ministre Marois à temps pour critiquer le premier budget de son gouvernement, attendu en mars. On cherchera donc quelqu’un d’expérimenté, capable de se sentir rapidement à l’aise dans le fauteuil et les habits du chef.
La date et le lieu du conseil général n’ont pas encore été déterminés. L’événement devrait attirer quelques centaines de militants (trois par circonscription), de même que les 50 députés libéraux.
Un comité organisateur devra être créé pour encadrer la course au leadership et fixer notamment les modalités de dépenses des candidats.
Pas de couronnement
Il semble que le parti se dirige vers une véritable course et non un couronnement, comme ce fut le cas avec M. Charest en 1998.
Il faut remonter à 1983 pour retrouver la dernière course à la chefferie du PLQ, qui avait tout de même des airs de couronnement, Robert Bourassa effectuant un retour après une longue traversée du désert. Il affrontait alors Daniel Johnson et Pierre Paradis, à l’époque un jeune député qui pourrait être encore dans les rangs.
À peine une semaine après la défaite du 4 septembre, la liste des candidats potentiels s’allonge. Parmi les ministres du gouvernement Charest en réflexion, notons les noms de Pierre Moreau, Raymond Bachand, Lise Thériault, Sam Hamad et Yves Bolduc. Chez les ex-ministres qui ont signifié leur intérêt, on trouve Philippe Couillard et Benoît Pelletier.
Certains libéraux en vue ont reçu un appel du pied d’organisateurs du parti, mais ont décliné l’invitation, comme l’ancien président du PLQ de 2000 à 2008, l’avocat Marc-André Blanchard.
Des rumeurs circulent aussi sur d’autres noms extérieurs au parti, mais personne ne s’est encore mouillé officiellement.
Dans les prochaines semaines, un tri se fera rapidement. Chacun testera ses appuis, au sein du caucus d’abord, chez les militants et auprès de l’establishment du parti, pour connaître ses chances de l’emporter, avant de sauter dans la mêlée. Les intéressés devront donc ouvrir leur jeu avant longtemps.
À moins d’un toujours possible couronnement, le prochain chef du PLQ sera élu lors d’un congrès des membres cet hiver.
En vertu de la constitution du parti, les délégués sont choisis de façon rigoureuse : 24 membres de chaque circonscription, dont 12 femmes et au moins huit jeunes.








