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    Le parcours étonnant de la députée de Montmorency, Michelyne St-Laurent

    7 septembre 2012 10h10 |Isabelle Porter | Québec
    Michelyne St-Laurent<br />
    Photo: CAQ Michelyne St-Laurent
    La nouvelle députée de la CAQ dans Montmorency a passé les huit dernières années de sa vie au Tribunal pénal international d’Arusha à défendre la cause d’un ministre rwandais accusé de génocide et de crimes contre l’humanité.


    «Ça a été la bataille d’une vie. C’est du 15 heures semaine, sept jours par semaine», raconte la criminaliste Michelyne St-Laurent. «Les premiers mois du procès, j’avais perdu 25 livres, et je ne suis pas grosse !»

    Avocate spécialisée en droit criminel, Mme St-Laurent défendait la cause du ministre rwandais de la Santé, Casimir Bizimungu. Le procès, qui a débuté en 2003, a duré cinq ans. À la fin de l’année 2011, M. Bizimungu a été acquitté.

    «Ça a été une des plus grosses causes. C’était dans tous les journaux d’Europe et d’Afrique, sauf au Canada», raconte l’avocate.

    Les juristes québécois sont très convoités au TPIR parce qu’ils ont l’avantage de maîtriser les règles britanniques du droit international (la «common law»), tout en parlant le français.

    De son client, elle dit qu’il s’agit d’une «bonne personne», un «démocrate» qui manifestait de l’ouverture envers les Tutsis. L’histoire de la guerre au Rwanda n’est pas «ce que l’on croit», souligne-t-elle.

    Lorsqu’elle a soumis sa candidature aux Nations Unies en 2000, Mme St-Laurent n’était jamais allée en Afrique. «La première fois que j’ai mis les pieds là, je me suis dit : “il fait trop chaud, il y a plein de bibittes, je ne reviens plus !”»

    Élue dans une circonscription de la banlieue de Québec occupée par les libéraux, Mme St-Laurent a fait une campagne plutôt discrète ces dernières semaines. Une attitude qui n’est pas sans trancher avec ses habitudes.

    Le quotidien britannique The Guardian faisait état en 2010 de la plainte qu’elle a déposée contre le procureur du TPIR, Luis Moreno-Ocampo. Mandatée pour répliquer aux victimes dans le dossier du président du Soudan, Omar al-Bashir, elle reprochait au procureur ses commentaires dans les médias sur le dossier.

    «St-Laurent a aussi accusé Moreno-Ocampo de briser son serment d’impartialité et de menacer les efforts de paix au Soudan tout en minant la crédibilité de la Cour», racontait le journal.

    À Québec aussi, l’avocate a travaillé sur des causes controversées. Au début des années 90, c’est elle qui avait porté en appel la condamnation de l’assassin dans l’affaire très médiatisée du meurtre de la comédienne France Lachapelle.

    «Je l’ai encore dans la tête, mon Christian Gagnon», dit-elle. «Je me demande s’il ne faudrait pas rouvrir le procès avec des nouvelles preuves, et si on ne pourrait pas aller chercher une preuve d’ADN.»

    Mme St-Laurent n’en est pas non plus à ses premiers pas en politique. En 1994, elle a affronté Jean Rochon à l’investiture du Parti québécois dans Charlesbourg. Puis, quatre ans plus tard, on la retrouvait dans l’organisation du Reform Party au Québec, sous Preston Manning.

    Dans le programme de la CAQ, elle dit tenir surtout à la lutte à la corruption et à la réduction de la dette. «Pour moi, le défi, c’est défendre les gens. J’ai fait ça toute ma vie et c’est pour ça que je suis allée en politique, d’ailleurs.»

     
     
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