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L’espoir renaît chez les étudiants

Marois annulera la hausse des droits de scolarité

6 septembre 2012 | Lisa-Marie Gervais | Québec
Sitôt élue, Pauline Marois n’a pas tardé à contacter les étudiants et à les rassurer sur ses intentions : la hausse des droits de scolarité sera annulée « par décret », et la loi spéciale, abrogée avec l’accord des partis d’opposition. La nouvelle donne espoir aux étudiants, qui ne se disent toutefois pas dupes des obstacles pour atteindre ces objectifs.

La présidente de la Fédération universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, souligne la « cohérence » du PQ. « Le fait qu’on nous appelle le lendemain des élections, ça démontre une volonté. Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu ça », a-t-elle dit en faisant allusion au coup de fil qu’elle a reçu mercredi d’un messager de Pauline Marois.


« On est très contents, mais évidemment, plusieurs éléments pourraient quand même les empêcher [de respecter leurs promesses] », a dit, réaliste, Mme Desjardins. « Par exemple, il pourrait y avoir un blocage du côté de l’opposition. Il va falloir s’assurer que tout se passe bien. »


Mme Desjardins rappelle qu’il faudrait pourtant faire vite, la nouvelle session commençant le 1er octobre. « Le gouvernement du Parti québécois s’est engagé à rembourser la hausse des droits de scolarité et il y a aussi la question de l’aide financière », a-t-elle soutenu. Reste aussi le sommet sur l’enseignement supérieur, sur lequel elle entend plancher dès lundi prochain, alors que se réuniront les représentants de la FEUQ.


La Fédération étudiante collégiale (FECQ), aussi contactée par le Parti québécois hier matin, salue cette « excellente nouvelle ». « Mais on va suivre la chose de près dans les prochaines semaines », a noté Éliane Laberge, présidente de la FECQ. Les deux fédérations entendent rencontrer Mme Marois dès la semaine prochaine.


La Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) n’a pas été contactée par le Parti québécois mercredi. Si elle se réjouit du départ de Jean Charest, elle accueille la venue de Pauline Marois avec plus de méfiance. « On n’est pas déçus que le Parti libéral ne soit pas réélu, mais on n’a jamais encouragé le vote pour un parti en particulier », a indiqué Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE. « Évidemment qu’on va vouloir maintenir la pression », a-t-elle ajouté.

 

Et la grève ?


La CLASSE doit tenir un point de presse jeudi pour parler de son plan d’action. « Il existe plusieurs moyens d’action, comme des campagnes d’information ou simplement des manifestations. Le débat n’est pas gagné », a rappelé Jeanne Reynolds. Mais est-ce la fin de la grève comme moyen de pression ? « On va faire le point [aujourd’hui] sur où en est le mouvement. Je ne sais pas ce qui ressortira des assemblées générales. Des ultimatums, des suspensions de grève ? Je ne sais pas, mais ça ne veut pas dire qu’on vient de sonner le glas de la grève. »


Plusieurs associations étudiantes, qui avaient voté une trêve jusqu’aux élections, retourneront en assemblée générale dans les prochains jours. Déjà, plusieurs ont voté pour le retour en classe, notamment les étudiants d’anthropologie et de sociologie de l’Université Laval et les étudiants en cinéma et en littérature comparée de l’Université de Montréal.


Quant à la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), elle s’est contentée d’un communiqué de déclarations d’usage, où elle félicite le gouvernement élu et le caractère historique de la première femme au pouvoir au Québec. Tout en rappelant les défis de l’université, elle offre au nouveau gouvernement péquiste son « entière collaboration ».


***

TVA choque les étudiants

La Fédération étudiante universitaire (FEUQ) envisage de demander des excuses au réseau TVA pour des propos insinuant que les étudiants avaient quelque chose à voir avec les actes criminels commis à l’issue de la soirée électorale de lundi. « Ces propos-là sont largement déplacés et laissent croire que les étudiants sont violents et dangereux », a dit Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, en faisant allusion à un échange entre les deux chroniqueurs de la soirée électorale, Jean Lapierre et Mario Dumont, et l’animateur Pierre Bruneau, dans lequel ils lieraient la présence de manifestants devant le Métropolis à l’attentat survenu derrière. Sur leurs comptes Twitter respectifs, MM. Lapierre et Dumont estiment avoir été mal interprétés. « Encore une fois, arrêtez d’inventer ! Jamais nous navons accusé les étudiants d’avoir perpétré un attentat ce soir ! Lâchez la mauvaise foi ! », a écrit l’analyste Jean Lapierre sur son compte Twitter.
 
 
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