Une déception difficile à dissimuler
Même des vedettes de la CAQ comme Gaétan Barrette n’ont pas réussi à se faire élire
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Accueilli chaleureusement par quelque 300 partisans jusque-là timides, le chef de la CAQ a dressé un bilan plutôt positif d’une soirée que beaucoup de militants ont trouvé par ailleurs frustrante - l’entourage de M. Legault avait d’ailleurs l’air ébranlé. « En seulement neuf mois, on a réussi à fonder un nouveau parti et à mener une féroce bataille électorale », a rappelé M. Legault dans son discours de fin de campagne. « Le défi était énorme, on avait des preuves à faire. Mais les résultats font la démonstration que la CAQ est là pour rester. »
« Le paysage politique du Québec n’est plus le même : on a assisté [mardi] à l’avènement d’une nouvelle force politique, estime-t-il. Les résultats nous placent comme une force politique désormais incontournable et nous permettent de continuer de mettre de l’avant nos idées. On peut envisager l’avenir avec beaucoup d’optimisme. Un autre rendez-vous nous attend, et je pense que la victoire nous attend. »
Entouré de plusieurs candidats, M. Legault a soutenu que la CAQ « peut être fière de tout le chemin parcouru en un an. Je regarde les résultats, on a une vingtaine de députés dans plusieurs régions et une reconnaissance officielle à l’Assemblée nationale : croyez-moi, on va s’en servir. »
Évoquant le décalage apparent entre les appuis de la CAQ (27 %, un niveau semblable à ce que les sondages prédisaient) et le nombre de candidats élus (19 députés, ce qui représente 15 % des sièges), M. Legault a indiqué qu’il « faut jouer selon les règles » en vigueur. « Ça peut sembler injuste, mais c’est arrivé souvent dans l’histoire du Québec. On l’accepte. »
Déception du 450
Pour la présidente du parti, Dominique Anglade (battue dans Fabre), la CAQ a échoué à quelques points de la « zone payante ». « On est déçus, on ne va pas le cacher, disait-elle au Devoir. Avec deux points de plus, ça aurait fait une énorme différence [notamment dans le 450 et à Québec, où la CAQ fondait de grands espoirs]. Et je pense que c’est là qu’on voit qu’avoir une machine électorale aurait été utile. Il faut savoir faire sortir son vote : on n’avait pas les ressources pour ça, après seulement neuf mois. Mais l’appui à nos propositions est là, il est ancré. Et tout n’est pas négatif, il y a un gouvernement minoritaire… »
Ce gouvernement, François Legault a d’ailleurs promis mardi soir de le mettre sous « surveillance ». Il a félicité Mme Marois pour sa victoire, qui marque une « page d’histoire importante ». « Malgré les batailles inévitables qui s’annoncent entre elle et moi, je l’assure de mon respect ». Et il lui a offert son soutien pour mettre « derrière nous le copinage qui empoisonne la vie politique » du Québec. Il a souhaité « plus de civilité et de respect mutuel » dans les échanges politiques.
M. Legault a finalement eu quelques mots pour saluer Jean Charest (pour « ses efforts pour faire avancer le Québec ») et Françoise David, dont l’élection améliore la « santé de la démocratie », a-t-il dit.
Aux militants rassemblés, M. Legault a demandé de « ne pas lâcher ». « Moi, ne lâcherai pas. » C’est aussi le message que relayait Jacques Duchesneau, élu dans Saint-Jérôme. « On sera, M. Legault et moi, deux têtes dures à aller défendre nos positions. »
Mais d’autres candidats-vedettes n’auront pas cette chance. Battu dans Terrebonne, Gaétan Barrette a laissé entendre sur Twitter qu’il ne reviendra pas en politique… non plus qu’à la présidence de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Les ingénieures Maud Cohen et Dominique Anglade ont aussi été battues, mais ont affirmé vouloir continuer leur combat. Gérard Deltell et Sylvie Roy ont notamment été élus.
***
Les candidats vedettes de la CAQ
François Legault
élu
L’Assomption
par 1023 voix
Gaétan Barrette
battu
Terrebonne
par Mathieu Traversy (PQ)
Jacques Duchesneau
élu
Saint-Jérôme
par 903 voix
Gérard Deltell
réélu
Chauveau
par 12 552 voix



















