Option nationale sera sans voix à l’Assemblée nationale
Battu dans sa circonscription, le chef Jean-Martin Aussant invite ses militants à poursuivre leur idéal souverainiste
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M. Aussant n’a pu résister à la percée de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Nicolet-Bécancour, où il a été défait par près de 1900 voix par Donald Martel.
Plus de 200 militants réunis au Centre des arts populaires de Nicolet ont accueilli ce revers avec consternation. M. Aussant, 42 ans, était le porteur de tous les espoirs d’ON, une jeune formation de 6000 membres née des cendres de la dispute interne au Parti québécois. « Ce n’est qu’un début, continuons le combat », ont scandé les militants, alors que leur chef acceptait la défaite avec une grande sérénité.
« C’est loin d’être une défaite à plates coutures, et vous le dites si bien vous-mêmes : ce n’est qu’un début. Option nationale a sa place dans le paysage politique québécois », a dit M. Aussant.
« Je n’ai aucune inquiétude pour mon avenir et l’avenir du projet », a-t-il précisé lors d’une mêlée de presse.
Citant l’exemple de René Lévesque, qui s’y est pris à trois reprises pour être élu sous la bannière du PQ, M. Aussant a promis de se « retrousser les manches » et de « travailler plus fort » pour que l’enjeu de la souveraineté reste à l’avant-scène du débat public.
« On perd la tribune de l’Assemblée nationale. C’était incomparable et exceptionnel comme tribune, et c’est pour ça qu’on a travaillé très fort pour la garder. C’est juste un obstacle additionnel, mais ce n’est pas la fin du projet. »
M. Aussant a décoché une flèche au consortium des télédiffuseurs, qui lui a refusé une participation aux débats des chefs (une décision entérinée par les tribunaux). Il a dit souhaiter une réforme de la loi électorale, et l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel, afin que les tiers partis soient représentés à l’Assemblée nationale. « Il faut que la démocratie s’exprime mieux que ça au Québec », a-t-il lancé.
Il a aussi remercié ses partisans « d’avoir eu l’audace de se lancer » avec lui dans l’aventure de fonder un nouveau parti en quelques mois. « C’est très encourageant. Il faut continuer. Ce soir, c’est le début de quelque chose, estime-t-il. Il faut réveiller tout le monde sur la cause souverainiste. »
M. Aussant avait bon espoir de s’accrocher à la circonscription de Nicolet-Bécancour, malgré le fait que son équipe et lui savaient que la lutte serait chaude.
Rarement le chef d’un parti national aura consacré autant d’heures à faire campagne dans sa circonscription. En moyenne, le député sortant a passé six jours sur sept dans ses terres à faire la promotion de son idéal, la souveraineté maintenant.
Dans les derniers jours de campagne, il est apparu clair pour M. Aussant que la principale menace venait de la CAQ. Dans leur porte-à-porte, les bénévoles du parti faisaient valoir qu’un vote pour leur chef était la seule façon de faire obstacle à la CAQ et aux fédéralistes.
M. Aussant a finalement récolté 26 % des suffrages contre 32 % pour M. Martel. Celui-ci bénéficie d’une certaine notoriété dans la circonscription, puisqu’il est directeur général et secrétaire-trésorier de la MRC de Nicolet-Yamaska depuis 1994.









