Legault : tout pour gagner le vote du 450
« On veut gagner le 450, a indiqué François Legault durant son dernier point de presse matinal. On a fait sept circonscriptions [lundi] parce que c’est ce qui va faire la différence pour avoir un gouvernement de la CAQ mardi soir. »
S’il a déjà dit s’attendre à un « balayage » de la CAQ dans la région de Québec (une dizaine de circonscriptions), M. Legault a toutefois refusé de faire une prédiction semblable pour les couronnes nord et sud de Montréal. « Ça va être très serré », reconnaît-il. « C’est pour ça que je [mets] toutes mes énergies ici. »
« Ici », c’est au coeur d’une population largement composée de familles de la classe moyenne à qui s’adresse directement la CAQ. Ménage dans la corruption, réduction de la bureaucratie, augmentation des services dans les écoles, médecins de famille, réduction d’impôts, dégraissage d’Hydro-Québec ou abolition de certaines structures, le message passe, affirme François Legault.
Mais il y a des résistances. Et le chef de la CAQ dit les comprendre. « Les Québécois désirent du changement. Mais la question qu’on me pose, c’est de savoir si on va être capable de livrer la marchandise. Il reste beaucoup d’indécis qui se demandent si tous les politiciens sont pareils. Alors nous, ce qu’on dit, c’est qu’on a une équipe qui est capable de livrer la marchandise », plaidait-il à Bécancour, dimanche.
Prouver la valeur de l’équipe de la CAQ aura en effet été un des grands défis de François Legault durant cette campagne. C’est pourquoi il s’est fait accompagner pratiquement tous les jours d’un de ses candidats vedettes, M. Duchesneau, M. Barrette ou Maud Cohen en tête. « Les gens ont été surpris de nos candidats », disait-il lundi, au moment de faire le bilan de sa campagne.
Bilan qu’il a tracé tout en rose : les gens « ont surtout discuté des idées [que la CAQ] a mises sur la table ». Et lui n’aurait fait aucun faux pas : « Franchement, il n’y a rien qui me vient en tête. Ça a été au-delà de mes espérances. »
Peu de moyens
Il y a place à la nuance, mais il est vrai que la campagne s’est essentiellement bien déroulée pour M. Legault. Le chef de la CAQ est le seul à terminer la course avec des appuis significativement plus importants qu’au 1er août. « Compte tenu des budgets qu’on avait [moins de 4 millions pour la campagne, contre 11 millions pour le PQ et le PLQ], on a fait une bonne campagne. »
Reste qu’on a pu mesurer les inconvénients d’une campagne à si faible budget (la CAQ désire imposer un plafond de dépenses de 4 millions pour les prochaines campagnes). Le parti a dû faire des choix. Si M. Legault s’est concentré dans le corridor Québec-Montréal, avec des sauts à Rivière-du-Loup, au Saguenay et en Outaouais, c’est parce qu’il ne pouvait se payer un avion pour aller en Gaspésie ou en Abitibi.
Le beau temps remarquable a permis la tenue de tous les points de presse à l’extérieur (pas de salles à louer), mais la situation aurait pu être compliquée. À peine un candidat sur six possédait un local de campagne. On a dénombré que six rassemblements partisans, tous de taille modeste, à l’exception du grand rallye de samedi, à Drummondville (700 personnes et presque tous les candidats).
Le manque d’expérience de l’organisation caquiste s’est fait sentir à différents niveaux. Sur la caravane elle-même (gestion générale des autobus), mais aussi sur le terrain. Les candidats à qui le chef rendait visite oubliaient par exemple qu’il est bon de s’entourer de quelques partisans pour l’occasion…
Pour rencontrer des sympathisants, M. Legault a donc dû multiplier les « bains de foule » de tous types. Très à l’aise dans ces sorties sans filet, M. Legault y a reçu un accueil généralement chaleureux. C’est peut-être ce qui expliquait sa bonne humeur et son apparente décontraction, lundi. Contrairement à ses principaux adversaires, M. Legault ne joue pas sa carrière politique dans cette élection. Et il ne peut qu’en sortir gagnant - à moins d’une surprise.
Reste maintenant pour lui à « faire sortir le vote » pour s’assurer que les nombreuses luttes à deux avec le PQ tournent à son avantage. Or, pour ce point crucial, François Legault ne pourra pas compter sur une « machine » électorale. Il ne s’en inquiète pas : « C’est surfait. Je pense que ça joue beaucoup moins que ça jouait », dit-il. Quand on est confiant…








