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Exode des médecins: Barrette et Legault ne s'entendent pas

29 août 2012 14h42 | Kathleen Lévesque | Québec
Le Dr Gaétan Barrette et son chef François Legault ne sont pas sur la même longueur d’ondes concernant l’exode des médecins. Si le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) juge inacceptable que des médecins aillent pratiquer outre frontières une fois leurs études terminées et envisage même de les obliger à rembourser le coût de la scolarité, son candidat vedette n’y voit aucun problème.

«C’est peut-être souhaitable mais pas faisable», affirme Dr Barrette qui réagissait ce matin aux propos tenus la veille par M. Legault. En entrevue éditoriale au Devoir, mardi, le chef caquiste s’est dit prêt à forcer la main des nouveaux diplômés en recourant à la clause dérogatoire, communément appelée la clause nonobstant. François Legault a lancé l’idée en aparté d’une longue plaidoirie sur ses priorités politiques. « La clause nonobstant, êtes-vous sérieux ? », lui a-t-on demandé. « Très sérieux », a tranché M. Legault avant d’enchaîner sur le sujet du moment.

Ce n’est qu’à la fin de l’entrevue que l’équipe du Devoir est revenue à la charge sur cette question. M. Legault a alors rappelé qu’il s’agisssait d’une préoccupation qu’il avait depuis fort longtemps. Le Devoir rapportait en 2003, l’inquiétude du ministre de la Santé d’alors, François Legault, devant l’exode des jeunes médecins. Déjà à cette époque, il cherchait une façon de stopper la saignée qui touchait particulièrement les diplômés de l’Université McGill. Il dit avoir songé à recourir à la clause dérogatoire ce qu’il envisage toujours.

De son côté, Gaétan Barrette ne s’offusque pas de la situation. En entrevue radiophonique au 98,5 fm, en juin dernier, le Dr Barrette jugeait que l’idée d’exiger que les jeunes médecins remboursent le coût de leur formation s’ils ne pratiquent pas au Québec était «une énormité». «Ça n’a pas de sens», insistait-il. «Ce sont nos parents qui ont payé ces impôts-là. Nos parents ont choisi collectivement d’avoir un système d’éducation accessible et il l’est pour tout le monde», disait alors Dr Barrette.

Ce dernier maintient ce qu’il a déclaré. «Ma position ne change pas», affirme-t-il aujourd’hui. Gaétan Barrette ajoute toutefois que la CAQ n’a pas l’intention de changer les choses. «M. Legault a dit "si nécessaire". Ce que je comprends, c’est que ce n’est pas nécessaire. […] Dans l’état actuel des choses, je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’embarquer là-dedans», soutient le candidat vedette qui estime que sa position ne contredit en rien celle de son chef.
 
 
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