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    Charest recule sur la loi 101 dans les organismes fédéraux

    Le chef libéral fait l'apologie du bilinguisme pancanadien

    28 août 2012 13h53 |Antoine Robitaille | Québec
    Sainte-Justine, Bellechasse — Jean Charest recule sur la loi 101. Alors que lundi, il souhaitait clairement engager des négociations avec Ottawa pour faire appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale et aux organismes fédéraux, M. Charest dit maintenant qu'il voudrait simplement s'entretenir avec le gouvernement Harper et tous ceux qui «aiment cette langue-là» pour voir comment on peut renforcer la langue française au partout au Canada.

    C'est ce qu'il a précisé mardi matin en conférence de presse dans la circonscription de Bellechasse. La veille, il affirmait que pour atteindre l'objectif d'appliquer la loi 101 aux organismes fédéraux, il n'était pas nécessaire de «modifier la constitution», qu'une entente administrative suffisait. Le Bloc québécois et le NPD ont tenté ces dernières années d'arriver à un résultat apparenté, par voie législative, mais en vain.

    Il s'agissait, dans le projet de loi bloquiste de 2009 (C-307) par exemple, de modifier le préambule de la Loi sur les langues officielles afin d'y inclure ce principe suivant: «Le gouvernement fédéral s’engage à ne pas entraver l’application de la Charte de la langue française, L.R.Q., ch. C-11, sur l’ensemble du territoire du Québec.» Comme le Bloc québécois et le NPD, lundi, M. Charest soulignait que «le parlement fédéral [...] a quand même reconnu le Québec comme nation. Bon! Donnons un sens au mot».

    Lorsqu’en entrevue éditoriale le 23 août, Le Devoir lui avait posé la question sur «l'application de la loi 101 aux organismes fédéraux» et aux entreprises à charte fédérales comme les banques, les ports, etc., M. Charest avait répondu: «C'est une question que le fédéral a abordée déjà à quelques reprises.[...] C'est une chose qu'on pourrait très bien envisager avec le fédéral.»

    Or mardi matin, M. Charest a changé de discours, vanté la dualité linguistique de la fédération, laissant même entendre qu'au Québec, il y avait deux langues officielles: «Je vois ça comme un atout et une richesse pour la société québécoise et canadienne le fait que nous ayons au Canada deux langues officielles.» En 1974, le gouvernement libéral de Robert Bourassa a fait du français la seule langue officielle du Québec.

    Au lieu d'évoquer une réouverture de la loi sur les langues officielles fédérale, M. Charest, mardi matin, a lancé: «Je n'ai pas mis dans mes cartons une réouverture de la loi 101. C'est pas ça que je propose pendant la campagne électorale. Mais je veux travailler partout tout le temps au renforcement de la langue française et je veux le faire dans un esprit constructif et dans une vision que j'ai, moi, de l'avenir du Québec et du Canada où nos deux langues sont pour nous une source de richesse et d'épanouissement. Pas une source de chicane.»

    En entrevue au Devoir lundi soir, l'ancienne députée libérale fédérale Marlene Jennings avait très mal réagi aux propos de Jean Charest de lundi sur la loi 101: «Avec cette déclaration de M. Charest, je pense que les anglophones ont maintenant encore plus de raisons pour regarder la Coalition [avenir Québec] comme une option valable», avait dit l'ancienne représentante de Notre-Dame-de-Grâce–Lachine.

    Plus de détail à venir.













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