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D'autres difficultés pour Pauline Marois

26 août 2012 13h17 | Robert Dutrisac | Québec
Pauline Marois a trébuché dimanche sur la question des conservateurs souverainistes qui n’auraient eu qu’à aller se faire voir ailleurs qu’au Parti québécois, un parti progressiste, et voter pour le Parti libéral ou encore la Coalition avenir Québec, qui sont, eux, des partis de droite.

Au cours d’un point de presse en matinée, la question lui avait été posée deux fois plutôt qu’une : quelle suggestion faites-vous aux conservateurs souverainistes ? La réponse a été on ne peut plus étonnante dans le contexte où le PQ tente de consolider son avance dans le but d’obtenir un gouvernement majoritaire et compte tenu que le parti fondé par René Lévesque s’est défini comme une coalition qui a toujours courtisé les souverainistes de droite.

Mais cette déclaration n’aura duré que le temps d’’une chanson. Interrompant un bain de foule qu’elle prenait dans le quartier Saint-Henri, Pauline Marois a tenu à rencontrer, une heure plus tard, les journalistes afin de corriger le tir : elle avait tout simplement mal compris la question, croyant avoir entendu «conservateurs fédéralistes».

«J’ai une chose à dire aux souverainistes conservateurs : le Parti québécois a toujours dirigé le Québec en étant très responsable dans ses politiques économiques, ses politiques sociales audacieuses», a fait valoir Pauline Marois dans un point de presse impromptu sur le trottoir.

«Je dirigerai un gouvernement qui va être responsable», a-t-elle donné l’assurance. Elle en veut pour exemple son cadre financier «qui propose des solutions concrètes pour les familles, pour les personnes âgées mais qui reste dans des sommes raisonnables pour lesquelles la population a la capacité de payer».  

«Nous n’augmenterons par le fardeau fiscal et ça, je crois que, pour les conservateurs, c’est une préoccupation», a conclu la chef péquiste.

Dans le point de presse qui avait précédé et où elle a dévoilé des engagements de nature sociale, Pauline Marois avait pourtant décrit l’enjeu de l’élection en ces termes : «C’est sûrement un choix entre les progressistes et les conservateurs, (...) entre les souverainistes et les fédéralistes.»

Bataille dans Gouin

Soulignons que Pauline Marois s’apprêtait à visiter pour la troisième fois depuis le début de la campagne la circonscription de Gouin où le député péquiste sortant, Nicolas Girard, tente de sauver sa peau face à la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, dont la popularité a été dopée par sa bonne prestation lors du premier débat des chefs dimanche dernier. La chef péquiste avait choisi d’insister sur le caractère progressiste de sa plate-forme.

Dans une vidéo, le candidat Jean-François Lisée se dit «craintif» devant la perspective que trop de souverainistes se laissent séduire par Québec solidaire et Option nationale et privent ainsi le PQ d’une majorité. Pour Pauline Marois, tous les Québécois doivent craindre un gouvernement minoritaire qu’il soit péquiste, libéral ou caquiste. «C’est une crainte que doivent avoir aussi les citoyens du Québec», a-t-elle dit. Un gouvernement minoritaire du PQ ne pourrait mettre en oeuvre son programme progressiste.

«La seule option qui existe pour réaliser la souveraineté, c’est une gouvernement majoritaire et seul le Parti québécois peut l’assurer», a-t-elle poursuivi. La chef péquiste a tenu toutefois à ajouter que le 4 septembre, «c’est une élection pour choisir un gouvernement» et c’est une consultation populaire, dans une deuxième temps, qui décidera de la souveraineté.

La chef péquiste n’a pas précisé quelle collaboration pourrait s’établir entre Québec solidaire ou encore la CAQ, si le gouvernement péquiste était minoritaire. «C’est une question hypothétique», a-t-elle dit.

Depuis le début de la campagne, Pauline Marois s’est emmêlée les pinceaux quand elle a avancé que le projet de loi sur la Citoyenneté québécoise, qu’un prochain gouvernement du PQ entend présenter, empêcherait les anglophones de souche qui ne connaissent pas le français de se présenter aux élections, Une «interprétation erronée», a-t-elle précisé par la suite : seuls les nouveaux arrivants étaient visés. En outre, elle a fait une volte-face au sujet de la formule des référendums d’initiative populaire (RIP), l’Assemblée nationale demeurant maître du jeu contrairement à ce qu’elle affirmait en février dernier.

Logement social

Pauline Marois a présenté dimanche ses derniers engagements de sa plate-forme électorale. Un prochain gouvernement du PQ consacrera 35 millions de plus, répartis sur cinq ans, pour le logement social, ce qui porte les sommes consenties à ce programme à 210 millions. Le PQ s’engage en outre à améliorer les régimes d’aide et d’indemnisation des victimes d’actes criminels. Il entend aussi dépenser 16 millions par an pour que les personnes qui travaillent à temps plein au salaire minimum soient admissibles à l’aide juridique gratuite. Enfin, le PQ projette d’encadrer les pratiques des agences de placement temporaire qui, souvent, fournissent du travail à des gens particulièrement vulnérables.
 
 
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