Lettre - Travailler plus?
Un thème de la campagne : on devrait travailler plus, surtout les jeunes. Mais est-ce que les jeunes ne travaillent pas déjà trop ? Et quelle forme de travail serait le plus formateur pour eux ?
La discussion lancée par M. Legault sur la quantité de travail est intéressante. Elle nous engage à réfléchir, par ricochet, sur le type de travail qu’on veut imposer aux jeunes.
Je crois que certains étudiants, en effet, travaillent déjà trop et que cela nuit ainsi à leurs études. Lorsque j’étais à l’université, au début des années 1970, aucun étudiant n’avait d’emploi pendant la session. Toute l’énergie était mise sur les études. Dans les années 1980-1990, l’étudiant en est venu à devoir partager son temps d’étude avec le boulot. Les professeurs ont dû en tenir compte et réduire l’effort demandé à l’étudiant. Est-ce plus payant pour la société ?
D’autre part, au-delà des statistiques sur les heures travaillées, on doit également réfléchir sur la « qualité » du travail, sur son rôle dans la formation de l’individu. Le travail est plus formateur si on lui associe une dose de créativité. Et les retombées n’en seront que meilleures pour la société.
Le meilleur exemple est celui de J. Armand Bombardier. L’homme était un bourreau de travail, mais toute son énergie était vouée à l’innovation. […]
L’approche créative doit s’appliquer à tous les domaines, quels qu’ils soient. La créativité doit être encouragée autant à l’école que dans le boulot. La créativité est un état d’esprit, une approche orientée vers la construction de l’avenir. À ce titre, c’est une valeur progressiste et nécessaire pour l’évolution des sociétés. […]
***
Claude Bélanger - Le 23 août 2012








