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    La Réplique : vote des jeunes - Jeunesse abstentionniste, debout!

    23 août 2012 |André Jacob - Candidat de Québec solidaire dans Charlevoix – Côte-de-Beaupré | Québec
    Le déclencheur – Nous n’irons pas voter

    « La démocratie au complet sonne faux. Nous avons le pouvoir ? Comment se fait-il alors que les gouvernements bafouent le bien commun ? Les politiciens sont à notre service ? Pourquoi alors les voyons-nous continuellement frayer avec les riches et les puissants ? […] La politique ne se limite pas qu’aux partis politiques, tout comme la démocratie ne se limite pas qu’aux votes. Pour nous, la politique et la démocratie sont au cœur de nos préoccupations. Tellement, en fait, qu’aux prochaines élections, nous n’irons pas voter. »
    Jean-François Cadrin et Alexandre Côté, jeunes citoyens de Beaupré, Le Devoir, 17 août 2012.
    Messieurs Cadrin et Côté, moi qui suis candidat de Québec solidaire dans votre circonscription électorale, je puis dire que vos réflexions sur la démocratie m’interpellent au plus haut point. Je me pose plusieurs des questions tout à fait légitimes que vous soulevez. Vous avez raison de souligner le fait que la démocratie ne se limite pas au seul geste de voter, mais voter en fait aussi partie, car c’est un droit fondamental de chaque citoyen. Il ne faut jamais perdre de vue que des millions de personnes dans le monde doivent lutter au péril de leur vie pour gagner ce droit fondamental qu’est le droit de vote.
     
    Je partage aussi votre évaluation sur le fait que « le discours ambiant sonne faux », tout particulièrement parce qu’il se soumet aux diktats desdits « décideurs » et des magnats de la finance.
     
    Les partis traditionnels font preuve d’un pragmatisme à courte vue au service de l’élite financière, ce qui est parfaitement désolant ; en ce sens, vous mettez le doigt sur la plaie en concluant que « notre belle démocratie » est « en réalité une oligarchie » et que les élections ne font que donner « une apparence de légitimité à une mascarade de nature aristocratique ».
     
    Poudre aux yeux

    La campagne électorale semble du grand guignol, j’en conviens, et les politiciens traditionnels se fient aux fabricants d’images qui soignent toutes leurs présentations, mises en scène comprises. Tout cela est retransmis fidèlement par les grands médias, qui osent rarement parler des solutions de rechange possibles ni faire une analyse critique serrée des contenus. L’intérêt des médias, c’est l’effet produit sur les spectateurs, de là les projecteurs braqués sur les vedettes (l’effet Duchesneau en fournit un bel exemple), et l’aspect compétitif comme la fameuse course à trois. Le spectacle doit continuer. Business as usual, dit-on dans les cercles des riches initiés.

    En outre, les discours qui se veulent rassurants par les promesses d’un avenir radieux s’avèrent de la poudre aux yeux, puisqu’un grand nombre des engagements ne correspondent pas à la réalité budgétaire du Québec. L’éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon du Devoir le notait récemment : « Quelle hypocrisie que tout cela […]. Dire la vérité : sommes-nous trop naïfs de croire que c’est par là qu’on commence quand on veut “faire de la politique autrement” ? »

    Perplexe

    Je le répète, je fais mienne votre position selon laquelle la politique ne se limite pas à l’action partisane électorale, bien au contraire. L’action citoyenne doit rester vigilante et vivante en dehors du processus électoral. En revanche, je diverge sur votre conclusion finale en mode dramatique : « Nous n’irons pas voter. » Là, je reste perplexe.
     
    En réalité, êtes-vous en train de répéter ce que beaucoup de gens me reformulent chaque jour d’une manière plus prosaïque : « Voter, ça ne donne rien… Plus ça change, plus c’est pareil… Les politiciens pensent juste à s’en mettre plein les poches… » ?

    Et ces gens vont-ils passer le reste de leur vie à ruminer leur impuissance et leur cynisme sans contribuer de quelque façon à faire changer la perspective ? La société est-elle à ce point pourrie qu’il vaut mieux laisser les choses aller à vau-l’eau sans poser un petit geste comme celui de voter, au moins pour protester ?
     
    Enfin, vous vous dites « plus éduqués que les générations précédentes », ce qui vous permet de démasquer les contradictions de notre système électoral. Tant mieux.
     
    Personnellement, j’ai terminé mon doctorat en sociologie et j’estime comprendre un peu les limites et les contradictions de notre mode de scrutin. Pourtant, je vous invite à voter. Ce geste simple et « démocratique » permet à une masse de jeunes dynamiques et critiques comme vous d’envoyer un message aux élites économiques embourbées dans leurs contradictions et leurs promesses d’un paradis nébuleux. Cherchez le parti qui vous convient le mieux et votez ! Malgré les années qui nous séparent, j’espère vous avoir compris…

    ***

    André Jacob - Candidat de Québec solidaire dans Charlevoix – Côte-de-Beaupré












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