Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Face-à-face Charest-Legault à TVA - La fiabilité au coeur des hostilités

    François Legault a dit de son adversaire qu’il était le « champion de la non-fiabilité », ou qu’il disait « n’importe quoi ».
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir François Legault a dit de son adversaire qu’il était le « champion de la non-fiabilité », ou qu’il disait « n’importe quoi ».

    Élections Québec 2012 -
    Comparateur
    François Legault et Jean Charest se sont entrechoqués sur la notion de fiabilité, mardi soir, dans un face-à-face au ton un peu moins acerbe que l’affrontement de lundi, mais tout de même très vigoureux. Le chef libéral a répété aussi souvent que possible que son adversaire caquiste n’était « pas fiable », une accusation que ce dernier n’a pas manqué de retourner à M. Charest.

    Dès le premier thème portant sur la corruption, M. Charest a notamment accusé M. Legault d’avoir modifié sa position sur la commission Charbonneau, que le chef caquiste a critiquée avant d’affirmer qu’il en accepterait les conclusions. « Merci de me confirmer que vous avez changé d’idée. Vous n’êtes pas fiable », a dit le chef libéral. Plus tard, M. Legault a dit de son adversaire qu’il était le « champion de la non-fiabilité », ou qu’il disait « n’importe quoi ». Les hostilités étaient ouvertes, et le ton a progressivement monté au fil de la soirée, forçant le modérateur Pierre Bruneau à intervenir régulièrement.


    Sur le thème de la gouvernance, M. Legault a dû défendre l’intégrité de son candidat vedette Jacques Duchesneau, écorché à la suite de nouvelles allégations sur des irrégularités sur le financement de sa campagne à la mairie en 1998. « Il n’y a aucune preuve, a-t-il dit. Deux personnes anonymes prétendent des choses jamais prouvées [que M. Duchesneau n’aurait déclaré que 2500 $ d’une soirée ayant permis de récolter 50 000 $]. »


    Le chef caquiste a immédiatement contre-attaqué en dénonçant le laxisme de Jean Charest par rapport à certains de ses ministres. « Six membres de l’exécutif de Tony Tomassi ont obtenu des permis de garderies. Michelle Courchesne a reçu deux blâmes du vérificateur général. Nathalie Normandeau a accepté des billets de spectacle d’un contracteur qui cherchait des contrats à son ministère. Vous avez été trop tolérant ! », a lancé M. Legault au chef libéral, qu’il a sommé de dénoncer le « manque de jugement » de Mme Normandeau. À cela, M. Charest a refusé de condamner Mme Normandeau, en répétant à quelques reprises qu’elle « s’est expliquée là-dessus », ajoutant qu’« elle a toujours eu un bon jugement ».


    Sur la question des sièges sociaux, les échanges ont été vifs, M. Legault accusant M. Charest d’avoir permis le départ de 20 % des sièges sociaux des fleurons québécois. Le premier ministre lui a alors servi qu’il était au conseil des ministres lors de la vente de Provigo à l’Ontarienne Loblaws. Lorsque Legault a affirmé qu’il était contre cette transaction et qu’il en avait informé tout le monde, y compris Lucien Bocuhard, Jean Charest lui a répondu qu’il aurait dû démissionner.


    Faisant flèche de tout bois, le chef libéral a tenté d’attaquer la crédibilité des autres membres du « trio d’incorruptibles » de M. Legault, Sylvie Roy et Maud Cohen. De Mme Cohen, l’ex-présidente de l’Ordre des ingénieurs, M. Charest a relevé « qu’il y a eu plein de plaintes déposées à l’Ordre quand elle était là, mais personne d’accusé [on apprenait hier que l’Ordre s’apprête à déposer des accusations contre 11 ingénieurs pour des activités liées à du financement politique douteux] ». De Mme Cohen, François Legault a soutenu « que si on a pu accuser des gens aujourd’hui, c’est parce qu’elle a doublé le nombre d’enquêteurs » de l’Ordre.


    M. Charest a soutenu à plusieurs reprises qu’il y avait un « double standard » dans le « tolérance zéro » de M. Legault en matière de corruption. Les deux chefs se sont colletaillés sur la tenue des cocktails de financement à 500 $ ou 1000 $, M. Charest tentant de faire dire à M. Legault qu’il monnayait ses discussions avec les donateurs. Le Parti libéral fait de même, a dit M. Legault, ce qu’a reconnu Jean Charest, qui a cependant ajouté : « Mais c’est vous qui vous posez comme incorruptible. »


    Dans le segment sur les politiques sociales, Jean Charest a insisté sur le manque de médecins omnipraticiens, alors le chef caquiste promet de faire en sorte que tous les Québécois aient accès à un médecin de famille sans en augmenter le nombre, s’appuyant sur les exemples du Royaume-Uni et de l’Allemagne. « Vous n’avez pas le courage de changer le système », a lancé M. Legault à son interlocuteur. « C’est incroyable comment vous avez traité les personnes âgées depuis neuf ans. »


    Le chef caquiste promet de diminuer les coûts des achats du réseau de la santé de 670 millions. Il a souligné que la collusion existe non seulement dans l’industrie de la construction dans les réseaux de la santé et de l’éducation, une affirmation qui a fait sursauter son vis-à-vis. « Il y a des complots partout ? », a ironisé M. Charest.


    En ce qui a trait à la hausse des salaires des professeurs promise par la CAQ, Jean Charest a avancé qu’elle entraînerait des demandes de la part des autres employés de l’État, comme les infirmières. « Moi, je m’assume. L’éducation, c’est ma priorité », a répondu François Legault.

     

    Mêlée verbale


    Dans la portion du débat consacrée à la question nationale et l’identité, le chef libéral a attaqué en premier en demandant qui un éventuel premier ministre Legault enverrait à Ottawa pour négocier avec le gouvernement fédéral : un souverainiste ou un fédéraliste ?


    Le chef caquiste a esquivé la question en soutenant que s’il était élu, il dirigerait un gouvernement « nationaliste dans la tradition de Jean Lesage », alors que Jean Charest a agi comme un fédéraliste « à tout prix » qui a manqué à son devoir de « défendre l’identité du Québec ».


    Sur le sujet de l’immigration, Jean Charest a dénoncé le candidat de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec, qui a soutenu qu’il fallait arrêter d'« importer du chômage » sur l’île de Montréal. Le débat, qui tirait à sa fin, s’est alors mué en une mêlée verbale où l’on a pu entendre M. Legault lancer que, sous Jean Charest, le Québec « perdait sa langue » et le « contrôle de son économie ».


    Le thème de l’économie s’est imposé tout au long du débat. Les deux politiciens avaient hâte de s’affronter sur ce thème, qui leur est cher à tous deux. Le cofondateur d’Air Transat s’est lancé sur les dépenses d’Hydro-Québec, alors que l’on parlait de corruption, un thème qui lui est pourtant cher, de même que dans le segment sur l’éducation.


    François Legault a dû se défendre d’avoir les promesses électorales les plus coûteuses, alors qu’il se targue d’être le parti de la rigueur budgétaire. Sur les coupures de postes à Hydro-Québec, Jean Charest a accusé Legault de créer du chômage, défendant les employés d’Hydro-Québec qui « ne sont pas assis sur leurs mains ».


    « Il faut être actionnaire, pas locataire », a lancé M. Legault sur le sujet des ressources naturelles. Mais Jean Charest est revenu à l’attaque, accusant son adversaire de faire ces investissements via la Caisse de dépôt et donc, de « jouer au casino avec les retraites des Québécois ».

     

    Avec la collaboration de Jessica Nadeau

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel