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Le rapport Moisan est utile, selon Duchesneau

Contrairement à Gaétan Barrette, Jacques Duchesneau estime que le rapport Moisan - brandi par Jean Charest lors du débat entre les chefs et du face-à-face avec Pauline Marois - est « un élément pertinent qu’on ne peut occulter » dans le débat sur la corruption.


Lundi matin, M. Barrette avait dénoncé, en point de presse à Repentigny, le ton « vieux débats et vieilles chicanes » des échanges entre Mme Marois et M. Charest lors du débat de dimanche. « On était rendu à Moisan. Y a-tu quelqu’un… Si on demande à la population le mot ‘‘rapport’’, ils vont dire Charbonneau. Moisan, on s’en sacre-tu, là ? »


Bien non, justement, a répliqué hier matin l’autre candidat vedette de la Coalition avenir Québec, Jacques Duchesneau. « La commission Charbonneau a reçu le mandat de regarder jusqu’à 15 ans en arrière. Le rapport Moisan date de 2006, c’est un élément pertinent qu’on ne peut occulter », estime le candidat caquiste et ex-patron de l’Unité anticollusion.


Jean Charest a tenté de mettre Pauline Marois dans l’embarras sur le thème de la gouvernance en rappelant l’existence de ce rapport dévoilé il y a six ans. Le juge Moisan concluait que le Parti québécois avait fermé les yeux sur un contournement de la Loi sur le financement des partis politiques pour recevoir quelque 96 000 $ de la part de Groupaction.


Dimanche soir, Mme Marois a jugé que c’était là de « l’histoire ancienne » datant de « deux élections », et a rappelé que la personne concernée au PQ avait été sanctionnée. Mais Jean Charest a maintenu que c’est là le seul exemple prouvé de financement en échange de contrat, alors que le reste n’est pour lui qu'« insinuations » et « allégations ».



Nid de guêpes


Présent à Montréal hier matin pour répéter les engagements de la CAQ en matière d’intégrité, M. Duchesneau est revenu sur sa déclaration de la fin de semaine dernière, où il disait s’attendre à ce que les adversaires de la CAQ sortent un « lapin » de leur chapeau pour attaquer François Legault durant les débats.


Interrogé à savoir à quoi il s’attendait précisément et pourquoi ce lapin n’était pas sorti jusqu’ici, M. Duchesneau a répondu, sourire aux lèvres, que « lorsqu’on travaille dans la corruption, c’est comme donner un coup de pied dans un nid de guêpes. C’est possible qu’une guêpe vienne te piquer. C’était juste une mesure préventive, on a été habitué à ces tactiques dans le passé. »


M. Duchesneau et Gérard Deltell sont par la suite allés courtiser les anglophones de l’Ouest de Montréal, à Kirkland. « Nous avons un message clair pour tous les fédéralistes, a lancé M. Deltell, bras ouverts : venez avec nous, vous êtes bienvenus ».


Selon M. Deltell, les libéraux craignent un effritement de leurs appuis au sein de la population anglophone, au profit de la CAQ. « On comprend que les libéraux sont en panique comme c’est pas possible. C’est clair qu’encore une fois, ils sortent de vieux épouvantails pour partir une foire entre les fédéralistes et les souverainistes, a-t-il dit en commentant une sortie faite plus tôt par Jean Charest. Ils constatent que plein de gens qui sont de fiers fédéralistes disent que les libéraux, c’est assez, et ils regardent de notre côté. »


 
 
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