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Le rapport Moisan est utile, selon Duchesneau

21 août 2012 11h14 | Guillaume Bourgault-Côté | Québec
«La Commission Charbonneau a reçu le mandat de regarder jusqu'à 15 ans en arrière. Le rapport Moisan date de 2006, c'est un élément pertinent qu'on ne peut occulter», estime le candidat caquiste Jacques Duchesneau, aussi ex-patron de l'Unité anticollusion.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir «La Commission Charbonneau a reçu le mandat de regarder jusqu'à 15 ans en arrière. Le rapport Moisan date de 2006, c'est un élément pertinent qu'on ne peut occulter», estime le candidat caquiste Jacques Duchesneau, aussi ex-patron de l'Unité anticollusion.
Kirkland — Contrairement à Gaétan Barrette, Jacques Duchesneau estime que le rapport Moisan — brandi par Jean Charest lors du débat des chefs et du face-à-face avec Pauline Marois — est «un élément pertinent qu'on ne peut occulter» dans le débat sur la corruption.

Lundi matin, M. Barrette avait dénoncé en point de presse à Repentigny le ton «vieux débats et vieilles chicanes» des échanges entre Mme Marois et M. Charest lors du débat de dimanche. «On était rendu à Moisan. Y a-tu quelqu'un... Si on demande à la population le mot "rapport", ils vont dire Charbonneau. Moisan, on s'en sacre-tu, là?»
 
Bien non, justement, a répliqué mardi matin l'autre candidat vedette de la Coalition avenir Québec, Jacques Duchesneau. «La Commission Charbonneau a reçu le mandat de regarder jusqu'à 15 ans en arrière. Le rapport Moisan date de 2006, c'est un élément pertinent qu'on ne peut occulter», estime le candidat caquiste et ex-patron de l'Unité anticollusion. 
 
Jean Charest a tenté de mettre Pauline Marois dans l'embarras sur le thème de la gouvernance en rappelant l'existence de ce rapport dévoilé il y a six ans. Le juge Moisan concluait que le Parti québécois avait fermé les yeux sur un contournement de la Loi sur le financement des partis politiques pour recevoir quelque 96 000 $ de la part de Groupaction. 
 
Le juge avait affirmé que le PQ «connaissait cette situation», survenue entre 1996 et 2000. Groupaction avait versé l'argent par l'entremise de dons ou d'achats de billets par ses employés, et les chèques étaient donnés à une employée responsable du financement du PQ. 
 
Dimanche soir, Mme Marois a jugé que c'était là de «l'histoire ancienne» datant de «deux élections», et a rappelé que la personne concernée au PQ avait été sanctionnée. Mais Jean Charest a maintenu que c'est là le seul exemple prouvé de financement en échange de contrats, alors que le reste n'est pour lui qu'«insinuations» et «allégations». 
 
Nid de guêpes

Présent à Montréal mardi matin pour répéter les engagements de la CAQ en matière d'intégrité, M. Duchesneau est revenu sur sa déclaration de la fin de semaine dernière, où il disait s'attendre à ce que les adversaires de la CAQ sortent un «lapin» de leur chapeau pour attaquer François Legault durant les débats. 
 
Interrogé à savoir à quoi il s'attendait précisément et pourquoi ce lapin n'est pas sorti jusqu'ici, M. Duchesneau a répondu que «lorsqu'on travaille dans la corruption, c'est comme donner un coup de pied dans un nid de guêpes. C'est possible qu'une guêpe vienne te piquer. C'était juste une mesure préventive, on a été habitués à ces tactiques dans le passé.» 
 
Par ailleurs, le candidat Gérard Deltell a jugé mardi matin que le face-à-face de lundi entre Mme Marois et M. Charest a été «extrêmement décevant». «Il n'y a eu aucun gagnant, juste un grand perdant et c'est la population québécoise, a-t-il dit. On a vu une foire d'empoigne, de la surenchère verbale, du crêpage de chignon, des gens qui essayaient de parler plus fort que l'autre et on a complètement mis de côté le débat de fond. Les Québécois ont perdu leur temps.» 
 
M. Deltell a dit souhaiter que les deux prochains face-à-face — qui impliqueront François Legault — porteront sur «le fond des choses» et qu'ils ne virent pas à la «bataille de chats de ruelle comme lundi soir».
 
 
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