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    Des données numériques libres contre la corruption

    Des programmeurs scruteront les bases de données ouvertes des gouvernements lors du «hacketon»

    21 août 2012 |Fabien Deglise | Québec
    Prévenir la collusion et la corruption par les données numériques ouvertes. Un groupe de programmeurs a décidé de lutter à sa manière contre l’utilisation abusive des fonds publics en partant à la recherche d’applications informatiques visant à démasquer plus facilement ce genre de dérives. Cette quête va se faire dans le cadre d’un « hacketon », ces groupes de travail collaboratif qui s’abreuvent aux données ouvertes, qui se tiendra à Montréal dans quelques semaines à Montréal. Pendant 48 heures, plus d’une centaine de ces maîtres du code vont y jouer avec des fichiers informatiques publics fédéraux, provinciaux et municipaux afin de dresser autrement le visage de la corruption.

    « L’ouverture des données tout comme une plus grande transparence de l’administration sont de très bonnes façons pour lutter contre la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics », résume Jonathan Brun de l’organisme Québec Ouvert, qui pilote cet exercice de création d’applications civiques pour mieux surveiller les dépenses de l’État. Une rencontre préliminaire a eu lieu la semaine dernière à Montréal pour poser le cadre de l’événement. « Chaque année, le Québec dépense 4 milliards de dollars dans des projets d’infrastructures physiques, comme les routes, ou technologiques comme les réseaux informatiques. Ces projets font parfois l’objet d’abus qui mènent à des dépenses excessives et à des débordements budgétaires. On espère que les outils qui vont être développés lors de ce hacketon vont aider les citoyens à mieux identifier ces abus, pour mieux les enrayer. »


    Cette rencontre, ouverte à tous les programmeurs, est prévue les 15 et 16 septembre prochain à Montréal (quebecouvert.org/events/ hackonslacorruption). Par le croisement de bases de données publiques, ils espèrent pouvoir dresser des portraits inédit et précis de l’activité gouvernementale dans le domaine de l’attribution des contrats publics. Parmi ces jeux de données, comme on dit dans le milieu, va se trouver la liste des dons et donateurs aux partis politiques, les données issues du système électronique d’appel d’offres (SEAO), les jugements rendus dans les cas de fraudes contre les personnes et les entreprises… Pour ne citer qu’eux. L’événement est soutenu par le quotidien montréalais The Gazette ainsi que par la Sunlight Foundation, un organisme américain versé dans la promotion d’une gouvernance ouverte et d’une plus grande responsabilisation des administrations publiques par la multiplication des données ouvertes.

     

    Maintenir la pression


    « Nous allons maintenir notre pression sur le gouvernement pour qu’un plus grand nombre de jeux de données soit accessibles dans des formats faciles d’utilisation », dit M. Brun, qui déplore par exemple la difficulté d’accès pour un programmeur aux données qui composent le registre des entreprises, un registre public, mais techniquement impraticable pour un geek qui voudrait s’en servir. « C’est ce qui va nous aider à prêter main-forte au gouvernement pour lutter contre cette corruption dont nous sommes tous, collectivement victimes .»


    Pour mener à bien leur projet, les participants à ce hacketon vont pouvoir également profiter des données publiques que le gouvernement du Québec a mises en ligne au début de l’été sur son portail consacré à la construction d’un gouvernement dit ouvert (donnees.gouv.qc.ca). L’endroit héberge par exemple des données géographiques de base, des informations sur les chantiers en cours au Québec, des données statistiques sur les populations, la culture, l’industrie… Il a été qualifié à ce jour par les défenseurs des données ouvertes d’un pas dans la bonne direction, mais d’un pas également timide.


    Aux États-Unis, les hacketons menés dans les derniers mois ont permis la création d’applications permettant de lier des contributions à des candidats à leurs votes au Congrès, de suivre les lobbyistes à la trace tout comme la résonance médiatique et politique de leur démarche. Entre autres choses.


    Plusieurs hacketons ont été tenus au Québec, ces derniers mois, pour améliorer les services publics et la participation citoyenne à Montréal et Québec par l’entremise des données ouvertes. Placer la lutte contre la corruption au coeur de cet exercice de création collectif et numérique représente toutefois une première.













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