Khadir vilipende les environnementalistes
Équiterre et d’autres organisations refusent de prendre position dans la campagne
Québec solidaire ne voit pas d’un bon œil la formation d’un NPD-Québec d’ici aux prochaines élections générales québécoises. « C’est sûr que, nous, on est pour le pluralisme politique. Donc, c’est au NPD à décider, a affirmé dimanche le coporte-parole de Québec solidaire Amir Khadir. Mais, quant à savoir si le NPD-Québec a une place sur l’échiquier politique québécois, M. Khadir a rétorqué : « Ça m’étonnerait. » D’ailleurs, M. Khadir a invité du bout des lèvres les fédéralistes à rejoindre les rangs du Parti vert du Québec, une formation politique progressiste » plutôt qu’à fonder un nouveau parti politique. « Jack Layton n’aurait jamais fait ça parce que, connaissant la réalité du Québec, il était d’avis que le NPD avait une tâche d’abord au niveau fédéral de s’opposer aux politiques antiquébécois, antidémocratiques, antiécologistes et antifemmes du gouvernement Harper. »
Le coporte-parole de Québec solidaire (QS) Amir Khadir n’a pas digéré le refus d’organisations environnementales de prendre position dans la bataille électorale de crainte, selon lui, d’indisposer les partis politiques « dominants ».
Se gardant obstinément d’afficher ses couleurs en vue du scrutin du 4 septembre, une coalition de huit organisations environnementales a effectué mardi dernier une sortie médiatique afin de presser les partis politiques de préciser leur programme politique en matière d’environnement.
« Elles ont des comptes à rendre au public. Le public québécois a le droit de savoir ce que pense le milieu environnemental du programme de Québec solidaire », a affirmé dimanche M. Khadir, lors d’un rassemblement de soixante « solidaires » à Saint-Denis-sur-Richelieu, haut lieu de la mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste. Le premier élu de QS à l’Assemblée nationale a montré du doigt Équiterre et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) : « On est outrés, on est vraiment choqués d’apprendre qu’Équiterre et le RNCREQ se sont refusés [à comparer publiquement les programmes politiques]. »
Selon lui, les deux organisations « ne voulaient pas indisposer les partis dominants », donc en position de force pour former le prochain gouvernement. « Ils n’ont pas de comptes à rendre à M. Charest ou Mme Marois » à la tête de partis politiques qui, à ses yeux, « intimident » et « menacent » les groupes environnementaux en brandissant la menace de couper leurs vivres, a-t-il indiqué. « Il faut leur rappeler que c’est l’argent des contribuables », a dit M. Khadir.
Le coporte-parole de Québec solidaire « met au défi » le coordonnateur général adjoint d’Équiterre, Steven Guilbeault, de faire savoir « ce qu’Équiterre pense du programme des six partis principaux » (Parti libéral, Parti québécois, Coalition avenir Québec, QS, Option nationale et Parti vert). « Si c’est meilleur ailleurs, qu’on nous le dise. Mais, si on fait le silence, ça sert qui ? Les partis dominants ! »
M. Khadir s’est aussi étonné de voir les organisations environnementales si peu loquaces sur les contrecoups de l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste, de la relance de l’amiante ainsi que du Plan Nord depuis le début de la campagne électorale. « Si deux groupes environnementaux sont réduits au silence […], on a un problème démocratique majeur dans notre société », a-t-il déclaré.
Le conseiller municipal de Saint-Jude, Christian Vanasse (qui animait dimanche le rassemblement dans le parc des Patriotes), s’est lui porté à la défense des groupes environnementaux, estimant qu’ils « voudraient prendre position, mais ne le peuvent pas ». « Le financement, il vient d’où ? Il vient du parti au pouvoir. Je les comprends », a dit le « Zapartiste solidaire ».
Le Québec doit prendre le « virage des énergies renouvelables », a fait valoir Amir Khadir dans la vallée du Richelieu, citant l’éolien « qu’il faut maîtriser et surtout rendre de propriété publique », la géothermie, le solaire et la biométhanisation. « Il faut investir dans ces domaines-là. »
Contrairement au Parti québécois, qui fait bonne figure dans les intentions de vote, QS « ne fait pas dans l’hésitation et la confusion, a dit Amir Khadir. Le PQ a peur de s’avancer, a peur de prendre position. Sur le gaz de schiste, c’est pareil. »
Québec solidaire propose l’abandon de « toutes explorations et toutes exploitations de toutes les formes d’énergies fossiles […] dans le moyen terme. »








