Lettre - Et les familles dans tout ça?
Voilà 16 jours depuis que le Québec s’en va vers les élections, prévues le 4 septembre prochain. La campagne de chefs de différents partis politiques nous en dit long. Nous sommes une fois de plus à un tournant important de l’avenir de notre société, non seulement à ne pas rater, mais aussi et surtout à ne pas construire sur de fallacieuses promesses trop souvent non tenues et qui risquent d’être le résultat de la démagogie.
À côté de tous les enjeux qui font l’objet de la campagne, je remarque qu’il y a un thème crucial qui, malheureusement, est traité avec beaucoup de légèreté. Alors qu’il demande d’être approfondi parce qu’il est au coeur de différentes crises actuelles, je parle de la famille en général et de celle chrétienne en particulier. Il ne faut pas avoir des yeux pour ne pas voir que cette cellule de base de la société, petite Église domestique, est en péril.
Nos candidats se contentent de défendre les garderies en les rendant plus accessibles grâce au coût abordable, alors que couve l’épineuse question de la difficile conciliation travail-famille pour les parents avec ses conséquences pour le couple et les enfants. Et, rappelons-le, à coût de milliards par an. Et ces enfants ? Faut-il nous le redire qu’ils appartiennent, avant tout, aux parents et non à l’État ? C’est durant l’enfance qu’ils ont besoin de recevoir de leurs parents les enseignements pour toute la vie. Et si travailler au bonheur de la famille revenait à prévenir à court, moyen et long terme, la vraie corruption dont on parle tant !
Hier, c’est la laïcité qui a occupé le débat chez les différents candidats. Ce débat ne masque-t-il pas les subtiles et profondes difficultés, au sein de notre société, du droit pour tous, y compris des chrétiens catholiques, d’exercer leur libre expression religieuse sur la place publique ? Cela, sans rencontrer de mépris, voire d’hostilité par trop de personnes n’ayant pas encore eu le privilège d’approfondir la dignité de la famille chrétienne et ses droits.
Je lance l’invitation aux candidats de s’occuper à fond de l’épineuse question de la famille et le reste s’améliorera de beaucoup. Et aux militants d’ouvrir les yeux pour que leur choix du 4 septembre soit le résultat d’une réflexion mûrie sur le projet de société qui favorisera un véritable vivre ensemble.
***
Solange Lefebvre-Pageau, directrice du Centre de recherche et d’éducation à la vie familiale - Montréal, le 16 août 2012








