Charest joue la carte de la rigueur
Les promesses libérales supposent des dépenses supplémentaires de 3,7 milliards en cinq ans
En conférence de presse à Québec, le chef libéral a évoqué l’importance d’exercer la plus grande rigueur budgétaire en période d’incertitude économique, une formule qui avait fait recette pour son parti lors de la campagne électorale de l’automne 2008.
Basé sur les prévisions budgétaires de 2012-2013, le cadre financier présenté par le Parti libéral du Québec (PLQ) prévoit des dépenses additionnelles de 245 millions en moyenne par année. Au cumulatif après cinq ans - la durée d’un mandat de gouvernement - la facture atteindrait 3,7 milliards.
L’impact financier des engagements électoraux « se situe à l’intérieur de la marge de manoeuvre du gouvernement », a indiqué M. Charest. « Ce que nous proposons dans ce cadre financier est en droite ligne avec ce que nous avons fait ces dernières années dans le contrôle des dépenses publiques », a-t-il fait valoir, conscient que l’économie est l’un des derniers terrains sur lesquels le Parti libéral garde la cote auprès des électeurs.
Reportés au pouvoir, les libéraux garderaient le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Pour maintenir le déficit zéro, le gouvernement libéral imposerait, l’année suivante, de nouvelles compressions aux ministères, organismes et sociétés d’État.
Le Parti libéral s’engage en effet à limiter à 2 % la croissance des dépenses de programmes en 2014-2015, un point de pourcentage de moins que ce qui était initialement prévu.
Les compressions seront effectuées dans « tout ce qui touche l’administratif et les frais de gestion », a précisé M. Charest, assurant que les services à la population seront épargnés par les coupes.
Quant aux hausses d’impôt, elles ne figurent pas à son programme, a indiqué M. Charest.
Le leader libéral tente de s’imposer comme le gardien de la rigueur alors qu’il reproche à son adversaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, de promettre « une explosion de dépenses ».
Or l’heure est à la prudence, a prévenu M. Charest, évoquant la « menace » qui plane sur l’économie québécoise, une économie dont la vigueur dépend fortement des marchés internationaux.
« L’Europe est en crise, elle va connaître des records de chômage ; l’économie américaine ne décolle pas ; les économies émergentes sont au ralenti. La menace est réelle, elle n’est pas inventée, elle n’est pas exagérée », a-t-il dit.
Pour M. Charest, les efforts investis par son gouvernement ont permis à l’économie du Québec d’obtenir « l’un des meilleurs scores » au Canada depuis la crise de 2008. Alors que les nuages s’accumulent dans le ciel des marchés mondiaux, les Québécois auraient avantage, selon lui, à miser sur l’expérience passée.
« Sur la question des finances publiques et sur les budgets, s’il y a un parti politique sur lequel on peut se fier, c’est le Parti libéral du Québec », a-t-il affirmé.








