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    Legault refuserait de collaborer avec un gouvernement minoritaire

    17 août 2012 |Antoine Robitaille | Québec
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	François Legault a visité jeudi une entreprise agricole qui cultive des tomates biologiques à Sainte-Sophie.</div>
    Photo: La Presse canadienne (photo)
    François Legault a visité jeudi une entreprise agricole qui cultive des tomates biologiques à Sainte-Sophie.
    Une opposition officielle dirigée par François Legault refuserait de faire coalition et même de collaborer avec un gouvernement minoritaire péquiste ou libéral. Il provoquerait la chute de ce dernier le plus vite possible, replongeant ainsi le Québec en élection.

    Travailler avec un gouvernement minoritaire, « ce serait très difficile », a lancé le chef de la Coalition avenir Québec, qui a expliqué ses réticences ainsi : « Actuellement, il y a un parti qui a les mains sales, c’est le Parti libéral, il n’est pas question de s’associer avec ce parti-là. Et il y a un parti qui a les mains attachées, que je connais bien, qui est le Parti québécois. » Au dire de M.Legault, non seulement le PQ n’a qu'« une seule priorité », la préparation d’un référendum, mais en plus il a « les mains attachées avec les syndicats ». Ce lien fort empêcherait donc un gouvernement péquiste minoritaire, même aiguillonné par une opposition caquiste, de procéder aux changements qu’il souhaite : « Tous les changements qu’on veut faire pour enlever la bureaucratie, ce ne sera pas possible avec le Parti québécois. » Par conséquent, s’il y avait un gouvernement minoritaire, « je pense qu’on serait en élection plus tôt que tard ».


    Mais ce scénario ne se produira pas, a prédit le chef caquiste, car la CAQ remportera l’élection, a-t-il soutenu en se référant aux résultats du sondage CROP-La Presse, publiés jeudi matin. « À la vitesse qu’on monte actuellement, le 4 septembre on va être premier », a-t-il affirmé sur un ton décidé. Le coup de sonde place le Parti québécois en tête des intentions de vote avec 34 % (dont 39 % chez les francophones). La CAQ se réjouit cependant puisqu’elle a gagné 4 points en une semaine, passant de 21 à 25 % ; M.Legault a vu sa cote de « premier ministre » augmenter, il est passé de la dernière à la première place. Enfin, le nombre d’indécis a crû (passé de 11 à 19 %).


    « Les gens cherchent une alternative et je pense qu’ils vont la trouver avec la Coalition », a martelé M.Legault toute la journée. Plus tôt, il avait déclaré : « Les gens sont tannés de la corruption du Parti libéral du Québec. Les gens ne veulent pas du référendum de Mme Marois, mais ils cherchent une alternative. Ils ne connaissent pas bien les propositions de la Coalition, ils connaissent un peu plus François Legault que la Coalition », a-t-il noté en parlant de lui à la troisième personne.


    Le chef caquiste a même déjà commencé à se préparer au pouvoir puisqu’il dit avoir déjà identifié certaines personnes clés, que ce soit dans les postes de sous-ministre ou au sein de sociétés d’État. Il soutient ne pas avoir choisi le président d’un comité de transition pour le passage des pouvoirs. Ce serait, a-t-il dit, « vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». C’est ce à quoi Pauline Marois a cédé au dire de M.Legault, puisque la chef péquiste a révélé avoir déjà constitué un comité de transition.


    Les propos de M. Legault n’ont pas impressionné son rival libéral Jean Charest. «Si j’ai bien compris son programme à lui, ce sont deux choses: des chicanes et des élections à répétition. Je ne trouve pas cela très responsable», a-t-il lancé.

     

    Perturbation et incertitude


    Si la CAQ accédait au pouvoir, le Québec connaîtrait des années de perturbation, a-t-il admis hier. « C’est certain qui va venter fort », a-t-il lancé. Il s’explique en affirmant que « ça fait 40ans qu’on tourne en rond au Québec, qu’on est dans l’immobilisme. Là, on a une chance d’avoir du changement ». Contre les changements qu’il prône - comme l’abolition des commissions scolaires, la hausse de salaire des enseignants moyennant des mécanismes d’évaluation, etc. -, « toutes les forces du statu quo, tous les groupes de pression comme les syndicats comme les commissions scolaires » vont se lever. « Ils vont tout faire pour protéger leurs acquis, donc il va venter. Mais je pense que ce sont des changements qui sont nécessaires pour qu’on puisse offrir aux citoyens des services de qualité. »


    Et selon la candidate vedette dans Papineau, Chantal Longpré, croisée à L’Assomption (circonscription où M.Legault est candidat), un éventuel gouvernement Legault ne perdrait pas de temps en consultations au moment d’opérer ces changements importants. « On a assez jasé dans tous les secteurs et je pense qu’il faut qu’on passe à l’action, et je pense que les citoyens veulent aussi qu’on passe à l’action. On a beau faire des sommets, faire des rencontres, faire des comités, à un moment donné, il faut poser des gestes. La Coalition est prête à le faire », a-t-elle dit.

     

    Plaire aux femmes


    Les promesses de changements importants et de perturbation « ça crée de l’insécurité bien sûr, parce ce sont de grands changements [qu’on propose], mais on est obligé de passer par là », a admis Chantal Longpré.


    Selon le chef caquiste, les femmes se montrent plus inquiètes au sujet des changements sociaux d’importance comme ceux qu’il veut faire. C’est ce qui expliquerait le fait que parmi les trois chefs, c’est la CAQ qui a le moins de succès dans la gent féminine, avec 20 % des appuis dans ce segment de l’électorat, alors que le PLQ recueille 27 %. Le PQ est loin devant avec 40 % d’appui chez les femmes.


    « Vous avez vu les sondages comme moi, vous voyez que les appuis à la Coalition sont plus nombreux chez les hommes que chez les femmes. Donc, tout ce que ça me dit, c’est que je dois travailler plus fort pour convaincre les femmes. Je vais le faire », a commenté M.Legault en après-midi. « C’est certain qu’il faut aller vers les femmes un peu plus », a confirmé Chantal Longpré.


    Parmi les formations politiques en lice, la CAQ est celle qui a attiré le moins de candidatures féminines, soit 24 %. M.Legault a souligné que ce pourcentage s’apparentait à celui du Parti québécois, 27 %. Il soutient que tous les partis font face à la même difficulté, soit d’attirer des candidatures féminines. « On aurait souhaité en avoir plus », a-t-il noté, tout en indiquant que le « critère numéro un » que la CAQ a utilisé pour faire le tri parmi les 1200 propositions de candidatures reçues était « la compétence ».


    Le chef caquiste a rappelé que son parti n’existait pas il y a un an, et que dans les prochaines semaines, les électeurs québécois vont le découvrir et s’y rallier. Par conséquent, le chef caquiste soutient ressentir une grande « pression » pour les débats qui se tiendront dans les prochains jours, puisqu’il s’agit de sa première expérience à vie. Quatre des chefs vont débattre dimanche soir à Radio-Canada. À TVA, les trois soirs suivants, trois des chefs s’affronteront en face à face tour à tour. « Ça va être un moment clé pour la suite des choses », estime François Legault.


    Vendredi matin, M.Legault et ses candidats présenteront le cadre financier de la CAQ.













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