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Indépendance énergétique : le PQ promet un gros remue-méninges

Pauline Marois a fait campagne dans Sainte-Marie -Saint-Jacques, hier, avec son candidat, Daniel Breton.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois a fait campagne dans Sainte-Marie -Saint-Jacques, hier, avec son candidat, Daniel Breton.

Un an pour repenser de fond en comble la stratégie énergétique du Québec : c’est l’objectif que se donne le Parti québécois, qui a dévoilé jeudi matin une liste d’énoncés de principes en matière d’indépendance énergétique. Mais entre les grandes orientations, rien de bien précis pour le moment.


« Dans les mois qui vont suivre l’élection, nous constituerons le groupe qui élaborera la politique énergétique de façon détaillée, a indiqué Pauline Marois lors d’un passage à la Maison du développement durable à Montréal. Nous procéderons ensuite à un débat avec les décideurs et les acteurs concernés. Et dans la première année d’un mandat, nous pourrions en arriver à une nouvelle politique », estime-t-elle.


Au-delà de cet engagement temporel, le reste demeure flou et les mesures à adopter pour assurer l’atteinte de l’objectif général sont à définir. « La nouvelle stratégie va déterminer et encadrer l’ensemble des moyens pour atteindre l’objectif » de l’indépendance énergétique, a expliqué Mme Marois.


Pour l’essentiel, le PQ veut revoir les sources d’approvisionnement d’énergie et le plan de développement énergétique pour se libérer de la dépendance au pétrole étranger. Objectif ? Diminuer d’ici 2020 de 25 % les émissions de GES par rapport à leurs niveaux de 1990, et réduire de 30 % la consommation de pétrole d’ici 2020 (et de 60 % d’ici 2030).


Trois axes sont déterminés : prioriser l’économie d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement des énergies vertes. Le PQ dit vouloir développer les secteurs de l’éolien, de la géothermie, de l’énergie solaire et de la biomasse et des biogaz. L’électrification des transports est aussi au menu. On promet la fin définitive du projet Rabaska, le démantèlement de la centrale Gentilly II et un moratoire sur les gaz de schiste.


Au-delà de ces lignes générales, c’est l’inconnu. Mme Marois a par exemple refusé jeudi matin de dire si l’idée d’un bonus-malus pour favoriser l’achat de véhicules non énergivores lui paraît souhaitable (le secteur des transports est responsable de plus du tiers des émissions de GES, selon le ministère des Transports). « C’est une avenue qui pourra être étudiée », a-t-elle dit. Chargé de définir une idée concrète dans ce plan, le candidat Daniel Breton a rétorqué que « la première chose à faire, c’est de réparer le gâchis libéral ».


Une augmentation de la taxe sur l’essence n’est en tout cas pas dans les cartons de Mme Marois, qui s’est dite satisfaite de la hausse annoncée dans le budget libéral de 2010-2011 (quatre cents de plus le litre en quatre ans, pour financer le transport en commun). Et le pétrole ?


Généralement satisfait des principes visés par le PQ, Steven Guilbeault, d’Équiterre, a toutefois émis des réserves sur la logique générale de certaines positions de Mme Marois en matière d’énergie. La chef péquiste est ainsi favorable à l’exploitation pétrolière en Gaspésie, et n’a pas exclu l’exploitation du gisement Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent. Or, on ne peut vouloir sortir du pétrole et le développer en même temps, estime M. Guilbault.


« On pense qu’on ne peut pas faire une chose et son contraire. Dire qu’on prend le virage d’une économie verte, ce n’est pas de dire qu’on va faire de l’économie verte, du transport en commun, de l’électrification, et du pétrole aussi. Ce n’est pas la voie que le Québec doit suivre », dit-il.


***
 

Les actifs de Monsieur confiés à une fiducie

La chef péquiste, Pauline Marois, a déclaré jeudi qu’elle sera à l’abri de tout conflit d’intérêts puisque son mari, Claude Blanchet, placera ses actifs dans une fiducie sans droit de regard. Mme Marois a affirmé qu’elle souhaite ainsi donner l’exemple de ses hauts standards éthiques.
 

Au cours des dernières années, les libéraux ont régulièrement utilisé les actifs de 

M. Blanchet pour attaquer Mme Marois.
 

Lors d’une conférence de presse, la chef péquiste a affirmé que M. Blanchet avait toujours géré ses actifs de manière à éviter les conflits d’intérêts. « Il a toujours été très rigoureux, mon conjoint, dans la gestion de ses affaires, de telle sorte qu’il ne nous mette jamais dans l’embarras », a-t-elle dit.
 

En 2009, les péquistes avaient poussé le ministre libéral David Whissel à la démission parce qu’il était copropriétaire d’une entreprise d’asphaltage obtenant des contrats publics du ministère des Transports.
 

Le PQ estimait que M. Whissel était en conflit d’intérêts même si ses actifs étaient dans une fiducie sans droit de regard.
 

Mme Marois a assuré qu’aucune entreprise dont son mari serait propriétaire ne transigera avec l’État, même si cet actif est dans la fiducie.
 

« S’il y avait une entreprise qui est propriété de mon conjoint et qui était nommément identifiée, même si elle est dans la fiducie sans droit de regard, elle n’aurait pas le droit de faire affaire avec l’État du Québec », a-t-elle dit.

 

La Presse canadienne

 
 
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