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Charest dans les câbles

Souffrant de la popularité croissante du parti de François Legault, le PLQ dit aux électeurs qu’un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ

17 août 2012 | Robert Dutrisac | Québec
Jean Charest avait réuni plusieurs de ses ministres hier afin de dévoiler les engagements de son parti envers la métropole. Le chef libéral avait convoqué la presse sur le toit du Palais des congrès, là où d’éventuels manifestants ne pourraientt l’atteindre.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Jean Charest avait réuni plusieurs de ses ministres hier afin de dévoiler les engagements de son parti envers la métropole. Le chef libéral avait convoqué la presse sur le toit du Palais des congrès, là où d’éventuels manifestants ne pourraientt l’atteindre.

Jean Charest a senti le besoin, jeudi, de lancer un cri de ralliement aux brebis égarées en les prévenant qu’un vote pour la Coalition avenir Québec, c’est un vote pour le Parti québécois.


« Dans la campagne actuelle, appuyer la CAQ, c’est appuyer Pauline Marois. Voter pour la CAQ, c’est avoir le PQ », a avancé Jean Charest dans le cadre d’une conférence de presse dans laquelle il a dévoilé les engagements libéraux pour la région de Montréal.


Alors qu’un sondage CROP, publié dans La Presse, confirme la montée de la CAQ et un recul des libéraux, Jean Charest a joué la même carte qu’il avait abattue durant la campagne électorale de 2003 au moment où son parti cherchait à supplanter le PQ qui était en avance dans les intentions de vote. Aujourd’hui, Jean Charest en appelle aux électeurs plus tôt tandis qu’en 2003, il avait attendu le débat - il n’y en a eu qu’un seul - pour lancer cet avertissement.


S’il ne commente pas les sondages, Jean Charest se trouve ainsi à admettre que le PQ a des chances de remporter la victoire le 4 septembre prochain si trop d’électeurs délaissent son parti au profit de la CAQ.


Le dernier sondage CROP est de mauvais augure pour les libéraux. Ils ont subi un recul de 2 points dans les intentions de vote, à 27 %, tandis que le PQ gagne 2 points, à 34 %, et que la CAQ bondit de 4 points pour atteindre le seuil des 25 %. François Legault a même devancé Jean Charest au titre de meilleur premier ministre aux yeux d’une partie des répondants.


Il ne faut donc pas s’étonner que Jean Charest ait renouvelé ses attaques contre François Legault. « C’est le moins fiable des chefs de parti que j’ai vus », a-t-il dit. Le chef libéral a prévenu l’électorat anglophone : François Legault est un souverainiste qui veut abolir les commissions scolaires anglophones et qui s’est mis à côté de François Rebello pour dire : « Voilà, on vient de trouver une nouvelle façon de faire la souveraineté, on appelle ça la CAQ. »


Jean Charest ne croit aucunement à la conversion fédéraliste du chef caquiste qui, pourtant, a affirmé qu’il voterait non à un prochain référendum sur la souveraineté. Ce n’est pas suffisant : François Legault n’a pas fait de profession de foi fédéraliste. « Il a aussi dit qu’il ne fera pas la promotion du fédéralisme. Demandez à François Legault s’il est fédéraliste et nous attendrons tous impatiemment la réponse », a répliqué Jean Charest à une journaliste anglophone.


Au sujet des quatre débats dont le premier a lieu dimanche sur les ondes de Radio-Canada, Jean Charest a dit qu’il ne se faisait pas d’illusions. « Je sais que je serai la cible pendant les débats et que ça va être des tirs nourris. »


Après la conférence de presse de son chef, le député sortant de Verdun, Henri-François Gautrin, a livré à quelques journalistes son analyse de la situation de son parti eu égard à l’électorat anglophone. « C’est préoccupant », a-t-il laissé tomber.


« Les anglophones ont besoin d’être rassurés, estime Henri-François Gautrin. Certains ont l’impression d’être [tenus] pour acquis. »


« C’est toujours possible que ça joue contre nous », croit-il. Le vétéran note « un léger virage du vote libéral » au moment « où les gens sont indécis ». Il observe que le vote péquiste est « stable ». « Pour le reste, je ne sais pas encore jusqu’à quel point il va y avoir une tendance pro-François ou pas. »


À Montréal, Pauline Marois a renversé l’équation du chef libéral : un vote pour la CAQ est un vote pour le PLQ, et ce, parce que François Legault défend des positions semblables à celles de Jean Charest. « Il a dit qu’il ne ferait pas de débats avec Ottawa, a-t-elle rappelé. Et surtout il a dit qu’il voterait non à un référendum. Je ne vois pas comment il peut être considéré comme un indépendantiste. »


***
 

Avec Guillaume Bourgault-Côté

 
 
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