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Lettre - Des propos à faire trembler

17 août 2012 | Natacha Lafrenière - Montréal, le 15 août 2012 | Québec

Moi qui pensais que la xénophobie était peu courante au Québec, quelle fut ma profonde déception d’entendre les propos du maire Jean Tremblay concernant la loi sur la laïcité proposée par le PQ.


En entrevue avec Paul Arcand le 15 août dernier, M. Tremblay se disait outré qu’une Algérienne (dont il disait ne pas être capable de prononcer le nom), en l’occurrence Djemila Benhabib, candidate pour le PQ, vienne dire ce que les « Canadiens-français » devraient faire… Il continua son envolée oratoire en soutenant qu’elle « arrivait » d’ailleurs et qu’elle n’avait pas à imposer ses lois.


Il sous-entendait que cela ne faisait pas suffisamment d’années que Mme Benhabib était au Québec (elle est ici depuis 15 ans !) pour « dicter ses règles ». Bon, OK. Je dois vous dire tout de suite que je suis d’origine haïtienne et que je suis au Québec depuis… euh… 34 ans ! La question à se poser est : après combien d’années comme immigrants reçus avons-nous le droit de nous engager politiquement et par le fait même, d’exprimer notre opinion ?


Par conséquent, à tous les maires Tremblay de ce Québec moderne, il faudrait être logique dans votre discours : car d’un côté de la bouche vous dites que les nouveaux arrivants devraient s’intégrer davantage à la population québécoise et de l’autre côté, vous nous dites de nous taire lorsqu’on veut changer les choses… Branchez-vous !


À ceux qui me diront que ce n’est que la minorité qui pense comme M. Tremblay, je réponds que lorsque la minorité est silencieuse c’est une chose, mais lorsqu’un élu avec une tribune aussi importante soutient des propos pareils, c’est très inquiétant.


Honnêtement, je me suis sentie comme un certain soir d’octobre 1995 lorsqu’après avoir inscrit fièrement un « x » dans la case « oui », un premier ministre est venu gâcher le party…


En conclusion, j’invite le maire Tremblay à faire une prière (chez lui si possible !) pour que le petit Jésus lui redonne la raison !


***
 

Natacha Lafrenière - Montréal, le 15 août 2012

 
 
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