Lettre - Un maire pris à partie
Ces jours derniers, M. Jean Tremblay a été pris à partie par un peu tout le monde pour une histoire de nom. Il trouve en effet difficile de prononcer «Djemila Benhabib».
Qui peut l’en blâmer! Et comment peut-on affubler une enfant d’un tel prénom? Et le nom Benhabib? C’est bien un surnom suivi d’un je-ne-sais-quoi… comme dans Ben Johnson et Johnson; ça il connaît ça puisqu’on en a poudré ses fesses de bébé comme à nous tous. Oui, Monsieur Tremblay est simplement habitué a des noms à consonance bien québécoise comme Schwartz, le nom de notre moutarde jaune, et Heinz, celui de notre bon ketchup qu’il a, comme un peu tout le monde, appris à aimer et à dire sur les genoux de sa maman bien qu’ils aient une sonorité un tantinet allemande; ou skidoo, cette invention d’un grand québécois qu’il possède probablement ou Wladek Kowalski, un lutteur québécois de notre jeunesse... (bon, d’accord lui, c’était un méchant) ou encore notre grande joueuse de tennis Aleksandra Wozniak.
Au fond, Monsieur Tremblay n’a pas de problème avec les noms difficiles, mais plutôt avec ceux qui sont différents de ce à quoi il est habitué. Aussi, en ma qualité de vieux directeur d’école primaire à la retraite, je l’inviterais à retourner sur les «bancs» de la petite école pour (non, non, pas pour apprendre à lire, Monsieur Tremblay sait très bien lire puisqu’il lit la prière avant chaque séance de son conseil), mais pour être en contact avec des choses nouvelles et apprendre à les connaître, comme nos petits qui découvrent: qui la gouache, qui la peinture aux doigts, qui le fait que le copain ou la copine ont le teint plus foncé ou plus pâle et qu’ils s’appellent Natacha ou Aziz, et apprennent ainsi à en tenir compte dans le respect de chacun.
Souhaitons à Monsieur Tremblay de prier Marie et le petit Jésus pour qu’ils l’aident à apprendre le respect de l’autre.
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Guy Girouard - Le 15 août 2012








