Rendre le Québec maître de son sous-sol
En Abitibi, Amir Khadir plaide pour une exploitation patiente des ressources naturelles
« On a besoin d’un développement minier patient dont on contrôle les principales retombées au service des populations et des régions », a déclaré M. Khadir à l’intérieur du bistro Chez Bob, dans le centre-ville de Rouyn-Noranda, où l’attendaient des dizaines de militants et de sympathisants.
Flanqué de trois candidats locaux, dont Guy Leclerc qui briguera une seconde fois les suffrages dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, le co-porte-parole de QS a fait connaître les promesses de sa formation politique en matière de développement économique des régions ressources.
Il s’en est aussi pris au Parti québécois et au Parti libéral du Québec pour avoir respectivement mis en oeuvre et perpétué une « politique de complaisance » à l’égard des minières.
« Le Québec est un paradis minier, mais pas pour la population du Québec. Il constitue un paradis minier pour les patrons des minières », a dénoncé M. Khadir, montrant du doigt la compagnie Osisko qui creusera le sous-sol de Malartic ayant en tête d’y trouver 8,97 millions d’onces d’or. « 92 % des profits d’Osisko vont aller dans la poche d’intérêts étrangers au Québec. […] C’est sûr qu’un gouvernement Québec solidaire va changer ça. Il faut cesser cet esprit de colonisé, aplaventriste, devant les milieux d’affaires », a-t-il ajouté.
Québec solidaire milite en faveur d’une hausse des redevances minières à hauteur de 10 % de la valeur des minéraux extraits en plus d’une prise de contrôle de « certains secteurs stratégiques ».
D’autre part, le parti politique de gauche préconise une dévolution de pouvoirs vers les régions après leur avoir préalablement assuré un financement autonome. « Québec solidaire veut le rendre possible par une meilleure maîtrise de toutes nos ressources naturelles : les mines, la forêt, l’eau, le vent », a expliqué Amir Khadir.
L’auteur-compositeur-interprète Richard Desjardins, assis sur la terrasse de l’établissement ayant pignon sur rue au coeur de Rouyn-Noranda, voyait d’un bon oeil la promesse de Québec solidaire d’accroître la transformation des matières premières en région. « On commence à concevoir que les ressources ne sont pas éternelles », a fait remarquer le natif du coin, qui s’est aussi fait connaître pour ses documentaires-chocs Trou Story, L’erreur boréale et Le peuple invisible. « On est dans une région où c’est de l’extraction massive de ressources naturelles sans grande transformation », a-t-il précisé.
« Quatorze entreprises n’ont versé aucun droit minier [entre 2002 et 2008] alors qu’elles cumulaient des valeurs brutes de production annuelle de 4,2 milliards. Quant aux autres entreprises, elles ont versé pour la même période 259 millions, soit 1,5 % de la valeur brute annuelle », révélait le Vérificateur général du Québec il y a trois ans.
Québec solidaire nourrit l’espoir de faire élire Guy Leclair, architecte - qui a d’ailleurs dessiné la Station de recherche agroalimentaire de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, à Notre-Dame-du-Nord, où s’est arrêté M. Khadir avant de mettre le cap vers Ville-Marie. « Le seul parti qui est intégralement au service des 99 % des gens ordinaires, qui n’a pas les mains liées par les milieux d’affaires, c’est Québec solidaire. »








