Vente de terrain litigieuse - Aucun dirigeant n’en a tiré avantage, assure la Fondation Catania
Devant les critiques que suscitent ses transactions immobilières, la Fondation F. Catania a rappelé mercredi au Devoir que ses activités relèvent de sa régie interne et qu’elles « sont effectuées dans le respect des lois et règlements en vigueur ». « Aucun administrateur ni dirigeant de la Fondation F. Catania, ni aucune personne leur étant liée n’a bénéficié à titre personnel d’un prêt de cette Fondation », a indiqué André Fortin, président et directeur général de Catania et administrateur de la Fondation F. Catania.
La réponse de M.Fortin survient après que Le Devoir eut tenté de savoir s’il y a un lien entre la revente du terrain et l’achat d’une résidence cossue à Mont-Saint-Hilaire. En effet, un mois après la vente à Broad Investments pour 1,6 million d’un terrain qu’avait cédé la Commission scolaire Riverside à la Fondation F. Catania un an plus tôt pour 600 000 $, M.Fortin et sa conjointe se sont portés acquéreurs d’une maison d’une valeur de plus d’un million de dollars, à Mont-Saint-Hilaire.
Comme le rapportait mercredi matin Média Sud, cet achat a été fait grâce à une hypothèque de la Banque Nationale pour la valeur totale de la vente, et portant intérêt à 20 %.
Les états financiers de la Fondation déposés auprès de l’Agence du revenu du Canada ne précisent pas à qui un prêt de 370 000 $ a été accordé.
Favoritisme
Selon la Commission scolaire Riverside, la Fondation ne l’a pas prévenu, comme le stipule pourtant l’acte de vente de 2008, de la nouvelle transaction immobilière. Devant ces faits nouveaux, la ministre Michelle Courchesne a mandaté dès mardi la sous-ministre de l’Éducation pour qu’elle procède à une vérification. Sur le plan politique, le gouvernement libéral est accusé de ne pas avoir protégé le patrimoine public, et surtout d’avoir favorisé des contributeurs à la caisse du PLQ. En 2008, les dirigeants de Catania ont versé au moins 40 000 $ au PLQ.
Le Devoir a contacté l’ancien directeur général qui était aux commandes de la Commission scolaire Riverside au moment des transactions litigieuses. Kevin Lukian n’a toutefois pas voulu commenter la situation. Il a également refusé de discuter de son soutien financier au Parti libéral du Québec en 2008.
En campagne électorale dans la circonscription de Saint-Jérôme, mercredi, Pauline Marois, a égratigné l’attitude des libéraux dans ce dossier. « C’est toujours la même affaire. Quand on a commencé à dénoncer les garderies, ils nous disaient y a rien là, c’est ridicule, on exagérait… Puis ils se sont rendu compte que c’était un vrai scandale. Même chose avec Catania la semaine dernière, y avait rien là. Puis ils se rendent compte [aujourd’hui] qu’on avait probablement raison. Il n’y a jamais personne de responsable dans ce gouvernement. »








