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    Le maire Jean Tremblay charge Djemila Benhabib

    Le maire de Saguenay ne veut pas qu'une Algérienne établisse les règles

    15 août 2012 17h11 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
    Le maire de Saguenay, Jean Tremblay
    Photo: - archives Le Devoir Le maire de Saguenay, Jean Tremblay
    Pour lire l'article Laïcité: Benhabib veut débattre du crucifix à Québec
    Le maire de Saguenay a tranché: pas question qu'une Algérienne vienne lui dire comment vivre sa religion. Ainsi Jean Tremblay décrit-il la candidate péquiste Djemila Benhabib comme quelqu'un qui veut établir les règles au mépris des «mous Canadiens français», a-t-il dit à la radio mercredi matin.

    En entrevue avec Paul Arcand au 98,5 FM pour réagir à la proposition de charte de la laïcité du PQ, M. Tremblay s'est livré à une charge en règle contre Mme Benhabib, candidate dans Trois-Rivières et intellectuelle championne de la laïcité, auteure notamment de Ma vie à contre-Coran.

    Sous la charte présentée mardi par le PQ, M. Tremblay ne pourrait plus commencer les réunions de son conseil municipal. Mais ce n'est pas ça qui le dérange, a-t-il dit: «Ce qui me choque, c'est de voir que nous, les mous Canadiens-français, on va se faire dicter comment se comporter [...] par une personne qui arrive d'Algérie et qu'on est même pas capable de prononcer son nom.»

    L'animateur l'a immédiatement repris et confronté, en soulignant le passé de Mme Benhabib, qui réside au Québec depuis une quinzaine d'années. Mais M. Tremblay en a rajouté en disant que Paul Arcand «n'a pas compris leur système. Ils sont en train de gruger tranquillement, avec un beau langage, tout tranquillement, on commence par la prière à l'hôtel de ville [...], ensuite on va enlever les objets religieux, après on va enlever les croix dans les villes, après ça on va aller dans les écoles... Ils vont faire disparaître la religion et la culture partout, vous vous rendez pas compte de ça», estime-t-il.

    M. Tremblay a par la suite répété que ce ne sont pas les propositions de Mme Marois qui le choquent, mais bien le fait qu'il lui a semblé que c'est Mme Benhabib qui gérait le dossier. «De voir qu'une personne qui arrive de l'extérieur avec un nom que je ne suis pas capable de prononcer...
    - Benhabib, l'a aidé l'animateur.
    - Benhabib, bon, a repris M. Tremblay après une pause.

    Quand M. Arcand lui a souligné que de tels propos le feront passer pour un «xénophobe et un raciste» aux yeux de plusieurs, M. Tremblay a répliqué: «Je n'aime pas que ces gens-là qui arrivent ici établissent les règles. Qu'on aille toucher à leurs règles! Elle est de quelle religion, elle, on ne le sait pas?»

    M. Arcand lui a alors rappelé que Mme Benhabib s'est fait justement connaître en écrivant des livres dénonçant les intégristes qui imposent leurs règles.

    Interrogés par plusieurs médias en matinée, M. Tremblay a maintenu tous ses propos. 
     
    La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a vivement dénoncé ces propos mercredi matin à Saint-Jérôme. «C'est complètement inacceptable et irresponsable, a-t-elle dit. Il devrait s'en excuser. Ça démontre qu'il a une complète méconnaissance du cheminement de Mme Benhabib, dont l'intégration à la société québécoise est exemplaire.» 
     
    Questionnée à savoir si M. Tremblay pouvait exprimer tout haut ce que plusieurs Québécois pensent, Mme Marois a affirmé que non. «Je ne crois pas, ce n'est pas ce que j'entends sur le terrain. Hier soir, à Shawinigan, nous avions une salle enthousiaste, dont des citoyens qui viennent de l'arrière-pays, et ils se sont levés spontanément pour accueillir Mme Benhabib. Pour moi c'est significatif de ce que sont les Québécois.»












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