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Politico-neutres, mais engagés envers la Terre

Une coalition de groupes environnementalistes réclame des engagements clairs des partis

15 août 2012 | Marco Bélair-Cirino | Québec
«Le développement durable, c’est de faire des choix, a plaidé Steven Guilbeault, d’Équiterre.
Photo : François Pesant Le Devoir «Le développement durable, c’est de faire des choix, a plaidé Steven Guilbeault, d’Équiterre.
Une coalition formée de huit organisations environnementales pressent les partis politiques de causer environnement, thème à leurs yeux occulté depuis le coup d’envoi de la campagne électorale.

« Nous étions sidérés quand nous avons constaté que l’environnement ne faisait pas partie des sujets qui allaient être abordés lors des débats des chefs », a lancé Marie-Claude Lemieux de WWF Québec, lors d’une conférence de presse mardi avant-midi. «C’est inconcevable !»


Afin que le « Il faut que ça change ! » lancé par plus de 250 000 personnes aux quatre coins du Québec, le 22 avril, à l’occasion du Jour de la Terre, ne reste pas lettre morte, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Équiterre, la Fondation David Suzuki, Greenpeace, Nature Québec, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ), Vivre en ville et WWF Québec ont fait connaître hier une série de propositions aux formations politiques. « Ça ne suffisait pas de marcher le 22 avril. C’est le temps de prendre la parole », a affirmé le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand.


Dans sa « plateforme », la coalition exhorte notamment les formations politiques à prendre clairement position en faveur d’une « accélération » de la protection des forêts québécoises. « À peine 5 % de celles-ci sont protégées au Québec, [alors que] le niveau de protection minimal demandé par l’ONU est de 17 % », a déploré le porte-parole de Greenpeace, Nicolas Mainville.


Elle presse également le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec d’emboîter le pas au Parti québécois, à Québec solidaire et à Option nationale en s’engageant à démanteler la centrale nucléaire Gentilly-2 à la fin de sa vie utile.


Les organisations environnementales exhortent aussi le parti politique appelé le 4 septembre à former le prochain gouvernement à « ne pas permettre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste sans avoir préalablement obtenu l’accord des populations et prouvé scientifiquement qu’il n’y aura pas d’impacts négatifs sur notre milieu de vie, l’air, l’eau et les écosystèmes ». D’ici là, il devra « déclarer un moratoire réel non seulement sur le gaz de schiste, mais aussi sur le pétrole de schiste », a expliqué la vice-présidente de l’AQLPA, Kim Cornelissen.


Pour sa part, le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, s’est montré méfiant face aux promesses de renflouer les coffres de l’État en exploitant le pétrole à Anticosti, en Gaspésie et aux îles de la Madeleine, dans le golfe Saint-Laurent. Il ne s’agit que de « réserves théoriques », a-t-il fait remarquer hier. « On ne sait pas encore si elles sont exploitables. D’ailleurs, il y a des risques importants même au niveau de l’exploration. Ils ne sont pas seulement écologiques ou environnementaux. Ils sont aussi économiques », a-t-il martelé.


Persuadés de la nécessité de réduire les « dépenses collectives » liées à l’achat de pétrole - environ 14 milliards de dollars chaque année -, les huit groupes environnementaux réclament l’élaboration d’une « stratégie globale de réduction de la consommation de pétrole ».


Quelque 84 % des Québécois estiment « très » ou « assez important » que les partis politiques mettent de l’avant des solutions à cet égard, selon un sondage Léger Marketing.


« Nous sommes à la croisée des chemins », a déclaré Steven Guilbault d’Équiterre, avant de réclamer la tenue d’un sommet sur l’économie verte au Québec. « Le développement durable, c’est de faire des choix. Il y a peut-être du pétrole, il y a peut-être du gaz, mais nous, on choisit de ne pas y aller. Il y a des sociétés dans le monde qui prennent ces décisions-là aujourd’hui. »

 
 
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