Sherbrooke - Bellemare songe à se présenter contre Charest
«Ce n’est pas l’envie qui manque ! […] Il me reste encore une semaine pour y penser», a répondu l’avocat de Québec hier. La période de mise en candidature se termine samedi à 14 h.
Vengeance de celui contre qui Jean Charest a lancé une commission d’enquête ? Non, proteste-t-il. « La raison, c’est la désaffection des Québécois à l’égard de leurs institutions… Et le grand responsable de cela, c’est Jean Charest. C’est pour ça que je suis en réflexion », a expliqué M. Bellemare.
Selon lui, « le cynisme a atteint de nouveaux sommets avec ce premier ministre ». En même temps, lorsqu’il voit que « 70 % des Québécois pensent que le Parti libéral est corrompu », M. Bellemare juge que « ce n’est pas assez élevé ».
Il se dit « certain, comme bien des Québécois », que si Jean Charest a déclenché les élections avant le véritable début de la Commission Charbonneau, c’est parce qu’il « a quelque chose à cacher ». « La première fois que [la députée adéquiste] Sylvie Roy a demandé une commission d’enquête, c’était en 2009 ! Puis non seulement il a attendu trois ans avant de bouger, mais, en plus, il déclenche la campagne avant que les révélations de la commission soient faites ! »
En jouant ainsi au « cachottier », Jean Charest excite les imaginations. « En politique, le doute est pire que la réalité, souvent. Les gens s’imaginent les pires affaires. C’est à cause de Jean Charest. C’est lui qui a choisi ça là. »
Collecteurs de fonds
Marc Bellemare dit constater que bien des électeurs au Québec en sont venus à la conclusion que le scandale que le chef libéral cherche à dissimuler est pire que celui des commandites : « C’était juste un programme [gouvernemental]. Mais dans le cas de Charest, on a l’impression qu’il a carrément abandonné les plus hautes fonctions de l’État aux collecteurs de fonds du Parti ! »
C’est ce qu’il soutient avoir constaté : « Moi, je l’ai vu de mes yeux vu à la Justice », dit Marc Bellemare, qui a été ministre d’avril 2003 à avril 2004. En janvier 2011, la commission Bastarache rejetait toutefois les allégations de M. Bellemare selon lesquelles il avait nommé des juges contre son gré et pour satisfaire des collecteurs du fonds du Parti libéral. M. Bellemare, qui a toujours qualifié cet exercice de « farce », persiste. Et il soutient que le « même type de magouille » s’est reproduit. « Courchesne, pour les infrastructures sportives, ça ressemble à ça. C’est son cabinet politique qui faisait le tri des projets ! » Il mentionne aussi le rapport Duchesneau, selon lui « alarmant ».
Jean Charest, rappelle-t-il, demande à chacun de ses ministres de collecter 100 000 $ par année pour le parti. L’ancien député de Papineau Norman MacMillan avait confirmé à un journaliste l’existence de cette commande.
Or, « ça prend bien des sourires pour obtenir ça ! Les ministres sont en position de pouvoir… vous imaginez dans quelle situation ça les place ? Ça, c’est la responsabilité de Jean Charest ; un gâchis total ». Autre élément rappelé par M. Bellemare : le salaire caché de 75 000 $ que le chef libéral a touché « de 1998 à 2010 au moins ». « Il a mis une telle pression sur la caisse de son parti que, moi, j’ai l’impression que ç’a donné beaucoup de prestige aux collecteurs de fonds. »
Alors, sera-t-il candidat samedi ? Un sondage a placé le péquiste Serge Cardin devant le premier ministre par 15 points. « Si j’ai la conviction ferme que le PQ peut battre Jean Charest dans Sherbrooke, je vais le laisser aller. Sinon, j’y vais. »








