Plateforme de la CAQ - François Legault nie s’inspirer de Stephen Harper
Si certains ont fait le rapprochement, il y a quelques jours, entre la campagne de la CAQ et celle des conservateurs, le dévoilement de la plateforme électorale du troisième parti québécois vient renforcer cette idée. Mais François Legault se garde bien de dire qu’il s’est inspiré des politiques de M. Harper.
« Quand on dit qu’on va investir en éducation, je ne pense pas que ce soit une mesure conservatrice, a répondu le chef caquiste en point de presse pour le dévoilement de sa plateforme électorale à Québec hier matin. Il y a des mesures qui sont habituellement définies comme étant à droite, il y a des mesures définies comme étant plus à gauche. Ce n’est pas vrai qu’on va passer au Québec d’un débat souverainiste-fédéraliste à un débat gauche-droite. Nous, on est un parti pragmatique qui est là pour le bien de l’ensemble de la population. »
Selon la CAQ, il est temps de serrer la vis aux contrevenants pour une « justice humaine, mais ferme ». Car, présentement, la justice québécoise fait preuve de « complaisance envers les criminels ». La CAQ parle même d’une « crise de confiance » des Québécois envers la justice.
« Les citoyens en ont assez des sentences bonbons données pour des crimes violents contre la personne, en particulier les agresseurs sexuels, et pour les criminels de la route, peut-on lire dans le Plan de relance pour le Québec. Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec entend donc faire preuve d’une plus grande sévérité face à ces types de crime. »
Il veut mettre plus de ressources pour les victimes d’actes criminels et étendre la notion de victime aux parents et aux proches, tout en augmentant la compensation financière pour couvrir leur réadaptation.
D’un autre côté, la CAQ veut faire payer les détenus pour leur hébergement en milieu carcéral, apprend-on au détour de l’engagement 19. « Il est inconcevable de penser qu’il en coûte plus cher par jour à l’État pour l’hébergement d’un détenu que pour un aîné en CHSLD qui paie une partie de son hébergement. Un gouvernement de la CAQ entend donc faire payer aux détenus une partie de leur hébergement correctionnel, selon leur capacité financière. »
Immigration
Le contrôle et le choix des immigrants sont, selon François Legault, « une clé de la défense de notre nation ».
La CAQ veut renégocier l’Accord Canada-Québec en matière d’immigration pour que les candidats se voient octroyer plus rapidement un visa de travail de deux ans par le gouvernement canadien. « La durée de ce visa […] permettra au gouvernement du Québec de valider la capacité d’intégration des candidats concernés. Ceux n’ayant pas réussi à s’intégrer sur le marché du travail pourraient se voir retirer leur certificat de sélection avant que leur résidence permanente ne leur soit octroyée. »
Invité à préciser sa position en point de presse, François Legault a ajouté la composante linguistique. « Ça veut dire deux choses. Quand on parle des immigrants, on parle de s’intégrer à notre culture, donc apprendre le français et s’intégrer sur le marché du travail. Actuellement, vous regardez l’ensemble des immigrants, le taux de chômage est le double qu’ailleurs. Ce n’est pas quelque chose qui est souhaitable, ni pour la société québécoise ni pour les nouveaux arrivants. C’est pour cela d’ailleurs que l’on propose, les deux prochaines années, de réduire le nombre d’immigrants à 45 000.»
Nationalisme
La CAQ souhaite obtenir du fédéral une autonomie accrue en matière d’immigration, mais également dans les domaines de la culture, de l’énergie et de l’environnement.
« Ce que l’on vise, ce sont des champs de compétences précis. La langue, la culture et les télécommunications, ça fait partie des demandes traditionnelles du Québec. Sauf que, contrairement au PQ, nous, on le fait de bonne foi. On le fait pour que la fédération canadienne fonctionne mieux. Pas pour viser à avoir un appui indirect à la souveraineté du Québec. »
À la question d’un journaliste qui demandait s’il essayait de faire la souveraineté à la pièce, François Legault a répondu d’emblée : « Bien sûr que non ! » Depuis le début de la campagne, le chef caquiste a précisé sa position sur la souveraineté à maintes reprises, affirmant qu’il n’y croyait plus et qu’il voterait non à un référendum.
Hier, il a soutenu que la coalition était « clairement nationaliste » et que son gouvernement ne ferait ni la promotion de la souveraineté du Québec ni celle de l’unité canadienne. « Ce que l’on veut, c’est donner un coup de barre pour défendre notre identité. […] On veut s’assurer que le Québec ait les moyens pour s’affirmer, mais aussi pour être efficace. »
La plateforme électorale comprend 94 engagements, dont plusieurs ont été annoncés au cours des premières semaines de campagne, notamment en ce qui concerne la saine gouvernance, la lutte contre la corruption, le remboursement de la dette, les médecins de famille, la lutte contre le décrochage scolaire, la création d’un fonds des ressources naturelles, le rapatriement des évaluations environnementales, des baisses d’impôts, la conciliation famille-travail et le développement d’une économie de propriétaires.
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Des mesures de la plateforme de la CAQ
Augmentation des taux de diplomation collégial et universitaire
Abolition du cours d’éthique et de culture religieuse au primaire
Projet-pilote sur la mixité public-privé en santé
Resserrement dans la gestion du réseau de garderies à 7 $
Politique de conciliation travail-retraite
Droit de mourir dans la dignité
Modification du Code du travail pour rendre obligatoire le recours au vote à scrutin secret pour l’accréditation syndicale
Étiquetage obligatoire des OGM
Renforcement du rôle de l’Office québécois de la langue française








