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    Appui syndical stratégique au PQ?

    13 août 2012 |Antoine Robitaille | Québec
    Après une année de relations exécrables entre plusieurs grands syndicats et le Parti québécois, ceux-là s’apprêtent à donner un appui stratégique, « indirect » et « par défaut » à la formation de Pauline Marois.

    «“Indirect” dans le sens où il sera suggéré aux membres d’appuyer, dans chaque comté, le candidat progressiste le plus à même de l’emporter contre les caquistes et les libéraux », explique une source.


    Selon plusieurs informations colligées par Le Devoir, c’est ce qui ressortira du Conseil général spécial de la FTQ qui réunira quelque 250 délégués ce midi au Sheraton de Laval. Il n’y aura donc pas d’appui formel et explicite au PQ comme dans le passé.


    Le dernier remonte à 2007. Malgré certains propos grinçants du chef de l’époque, André Boisclair, sur les syndicats, la FTQ, dirigée alors par Henri Massé, avait choisi de l’appuyer.

     

    Inquiétude


    En 2003, la FTQ s’était abstenue, malgré l’inquiétude que suscitait à l’époque un Jean Charest passionné de « réingénierie ». Mais en 2012, l’inquiétude atteint des sommets dans la gauche syndicale ; notamment en raison de l’actuelle montée de la Coalition avenir Québec. Sa possible accession au pouvoir - ou celle d’un retour des libéraux au gouvernement, minoritaires mais aiguillonnés par la CAQ - suscite des cauchemars chez plus d’un, raconte-t-on dans les arcanes syndicaux. D’où la volonté de susciter un vote stratégique pour le PQ, qui demeure « progressiste » malgré tout.


    Mais les réticences sont nombreuses. « C’est très tiède », admet une source. En janvier, rappelons-le, le torchon brûlait entre les syndicats et le PQ de Pauline Marois, sur fond de crise du leadership de cette dernière. « Au cours de l’histoire, nous avons eu nos différends, voire d’importants affrontements avec le Parti québécois. Mais un tel déni du mouvement syndical, du monde du travail, c’est du jamais vu ! », s’était exclamé Réjean Parent, alors qu’il dirigeait encore la CSQ (il a pris sa retraite depuis). La phrase était apparue dans L’Aut’journal, piloté par Pierre Dubuc, secrétaire du SPQ-libre. À l’époque, il participait à une offensive de militants syndicaux comme Marc Laviolette (président du SPQ-Libre) pour miner le leadership de Mme Marois et provoquer son remplacement par Gilles Duceppe ; un chef qui aurait été plus favorable aux syndicats.


    Après la brusque mise hors jeu de l’ex-chef bloquiste, Pauline Marois a effectué une tournée auprès des grandes centrales. « Le courant s’est mis à mieux circuler », a raconté Réjean Parent au Devoir samedi, entre autres grâce à l’appui du PQ aux étudiants. Le mot « travailleur » est réapparu dans la plateforme électorale. La promesse de resserrer la loi antibriseurs de grève aussi. « Il y a eu un virage progressiste », soutient M. Parent.


    Toutefois, à la FTQ et à la FTQ-Construction, plusieurs, dit-on, ne digéreront jamais l’appui péquiste à la loi 33 « éliminant le placement syndical ». « Les péquistes ont fait le tapis devant les libéraux. C’était gênant à écouter et à regarder », dit un haut gradé de la FTQ.

     

    Allié gênant ?


    Au PQ, en privé, on estime que les appuis formels de syndicat comme la FTQ sont de toute façon « d’une autre époque ». Du bout des lèvres, on admet aussi que les allégations qui ont entaché la réputation des syndicats, et notamment celle de la FTQ et de la FTQ-Construction depuis 2009, en font des « alliés gênants ».


    Publiquement, Pauline Marois a déclaré samedi : « Je n’ai demandé aucun appui à aucune organisation syndicale. Et je n’en demande pas plus aujourd’hui. » Ni la CSQ ni la CSN n’ont de toute façon cette tradition d’appui formel aux partis. Mais tout indique qu’ils opteront pour un appui stratégique aux candidats progressistes. La CSQ doit tenir son conseil général spécial le 22 août.


    Mme Marois a dit souhaiter « l’appui de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses du Québec, syndiqués avec la CSQ, la FTQ, la CSN, la CSD, ou dans les syndicats indépendants ».


    Mais l’appui d’un syndicat, « kossa donne » ? Aux élections fédérales de 2011, la FTQ avait formellement donné son appui au Bloc québécois. Cela n’avait pas empêché la débâcle. « Cette année, j’ai presque envie d’offrir notre soutien à Charest pour être sûr qu’il perde », a récemment blagué le président de la FTQ, Michel Arsenault, en privé, raconte son entourage.


    Malgré cela, dit une source à la FTQ, « à l’élection où Boisclair était chef, on leur a sauvé bien des comtés ! On représente 600 000 membres quand même ».













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