Vanier-Les Rivières - Les électeurs de droite sont bien servis
Dans le coin gauche, le PQ; dans le coin droit, le PLQ, la CAQ et un «col rouge»
M. Roy, un ancien député adéquiste, a beaucoup fait parler de lui cette semaine en déclarant qu’on n’a «pas été chercher la bonne immigration» au Québec et qu’il préférait les immigrants asiatiques aux Arabes.
Sa candidature découle d’un concours radio ciblant les «payeurs de taxes» en colère contre un État jugé trop dépensier. Lancée par l’animateur Sylvain Bouchard, la campagne a été baptisée «Rassemblement des cols rouges».
Difficile de savoir si ce discours est alimenté ou plutôt reflété par les radios. Mais une chose est certaine, il a ses adeptes dans Vanier-Les Rivières.
«Moi, je vais choisir un politicien qui va s’occuper des payeurs de taxes, ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler et qui payent des taxes», a dit spontanément André Boutin lorsque nous l’avons croisé à vélo près d’une pharmacie. «Il n’y a personne pour les représenter. Ce sont les syndicats qui mènent, et les étudiants.»
Vanier est l’une des premières circonscriptions au Québec à avoir choisi l’ADQ en 2004 lors d’une partielle.
Lors de la vague de 2007, l’adéquiste avait été réélu avec une majorité de plus de 10 000 voix. Mais l’année suivante, le libéral Patrick Huot reprenait la circonscription avec une mince avance de moins de 500 votes.
La CAQ pense donc avoir sa chance ici plus qu’ailleurs et promet une belle bataille. «S’il y a une vague CAQ, elle commence ici», de lancer le candidat caquiste Sylvain Lévesque. «C’est une circonscription qui a traditionnellement voté ADQ, avec des jeunes familles tannées de payer des taxes et des impôts.»
Lorsqu’on fait remarquer au candidat libéral que la circonscription est associée à la droite et à l’ADQ, il souligne qu’il est lui-même de centre droit et que l’équipe libérale régionale compte parmi ses recrues un ex-adéquiste (Jean-François Gosselin dans Montmorency). D’emblée, il dit avoir recruté beaucoup de militants adéquistes de l’organisation de son ancien adversaire adéquiste.
En bon député sortant, Huot semble très au fait des besoins locaux dans le secteur. Il parle de l’aide qu’il a apportée aux équipes de hockey, des instruments de musique qu’il a fait acheter pour les écoles du coin. Sylvain Lévesque, lui, n’a pas l’intention de parler beaucoup d’enjeux locaux pendant la campagne. Les électeurs, dit-il, veulent entendre parler de sujets comme la dette.
Dans la rue, on parlait encore cette semaine des étudiants. «J’ai 60 ans et jamais je n’ai voté libéral, nous a dit une dame qui refusait de se nommer. Mais là, je vais voter libéral parce que les carrés rouges, je suis plus capable. Ils nous ont écoeurés tout le printemps.»
Le candidat de la CAQ est convaincu que ce sera «une lutte à deux». «Le PQ traîne encore une image de parti dépensier», dit celui qui s’est déjà présenté sous la bannière péquiste au même endroit.
Selon Huot, le passé souverainiste du caquiste est d’ailleurs son principal désavantage.
Au PQ, le candidat Marc Dean s’explique mal les difficultés de son parti dans le secteur. «Je ne sais pas comment ça se fait que notre message ne passe pas auprès de la classe moyenne, dit-il. Les gens n’ont pas idée comment un programme social-démocrate comme celui du PQ peut venir en aide aux familles.»
Vanier-Les Rivières est l’une des circonscriptions de Québec où l’on trouve les plus grands écarts de richesse, avec des gens ayant de très bons revenus dans le secteur Lebourgneuf et des poches de pauvreté dans Duberger–Les Saules.












