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Marois courtise les anglophones

11 août 2012 | Antoine Robitaille | Québec
Après avoir lancé un appel aux « fédéralistes fatigués » mercredi, Pauline Marois a invité la communauté anglophone à appuyer sa formation politique le 4 septembre. La chef péquiste s’est dite « intéressée » par le vote des anglophones et a promis que son gouvernement serait « respectueux » de cette communauté. Un sondage de The Gazette indiquait hier matin que 72 % des membres de la communauté anglophone estimaient n’avoir d’autre choix que de voter pour le Parti libéral.

Pauline Marois a tenté hier de les rassurer afin de leur faire changer d’idée. Dans le passé, a-t-elle affirmé, les gouvernements issus du PQ ont été « exemplaires » à l’égard des anglophones « et je peux vous dire que j’ai l’intention de continuer dans la même direction », a-t-elle insisté. Elle a donné l’exemple de la modification constitutionnelle de 1996, qu’elle a pilotée et qui a permis la déconfessionnalisation des commissions scolaires et leur redéfinition sur des bases linguistiques. D’ailleurs, l’auteur du discours du théâtre du Centaur du premier ministre Lucien Bouchard (qui cherchait à rassurer cette communauté), en mars de la même année (1996), était Jean-François Lisée, aujourd’hui candidat du PQ dans Rosemont. « Je crois profondément qu’il est dans l’intérêt bien compris du Québec de conserver une communauté anglophone dynamique, notamment en ce qui concerne la qualité de la vie économique et culturelle de Montréal », avait déclaré M. Bouchard à l’époque.


Au reste, la chef péquiste a soutenu hier que plusieurs « Québécois anglophones sont des gens progressistes qui croient aux politiques sociales. Je les connais suffisamment - je les ai côtoyés et les rencontre encore régulièrement - pour savoir qu’ils ont une véritable alternative en pouvant voter pour le Parti québécois ».


En fait, la chef péquiste souhaite que « tous les Québécois, qu’ils soient des Québécois anglophones, des Québécois allophones ou des nouveaux Québécois », appuient le PQ. La priorité, a-t-elle insisté, est de « se débarrasser d’un gouvernement usé, fini ».


Les anglophones craignent la tenue d’un autre référendum, mais sur ce sujet la chef péquiste s’est dite incapable de promettre qu’il n’y en aura pas si elle accède au pouvoir. « Je leur dis cependant : on ne fera pas un référendum à la cachette, on ne le fera pas la nuit. Et aujourd’hui, ce n’est pas un référendum. On élit et choisit un gouvernement pour diriger le Québec de façon responsable. Le jour où il y aura un référendum, ils auront le loisir de voter pour ou contre, mais ce n’est pas un référendum que nous tenons aujourd’hui, c’est une élection pour choisir un gouvernement. »


En 2012, il n’y a en lice aucun candidat péquiste anglophone, comme le furent les Robert Dean ou David Payne dans le passé. Le PQ présente toutefois des candidats dans toutes les circonscriptions anglophones de l’ouest de l’île de Montréal. La seule fois qu’il a détenu une circonscription dans cette partie de la métropole fut lorsqu’un élu du Parti Égalité, Richard Holden, dans Westmount, fit défection et intégra le caucus du PQ. C’était en 1992. M. Holden fut battu dans Verdun aux élections de 1994. Dans une sortie cette semaine, l’ancien chef et fondateur du Parti Égalité, Robert Libman, a suggéré à la communauté anglophone de se tourner vers la Coalition avenir Québec de François Legault.

 
 
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